L.-F. Sauvé, in Mélusine, t, II, col
est bon de prendre des bains, de laver ses plaies et de puiser l’eau destinée aux purgations *.
L'influence de la marée s'exerce aussi sur les animaux ; on assure en Basse-Bretagne* qu'un chien qui boit l’écume dont se couvre la mer à la fin du flux devient sûrement enragé. Les chiens hydrophobes sentent la mer montante, et c’est à ce moment qu'ils ont leur accès; quand elle baisse, ils n’ont plus la force de mordre. Dans le Finistère on dit que la prunelle des chats change de couleur et grandit au commencement du flux ; en Haute-Bretagne on croit pouvoir, d'après l'œil du chat, savoir sila mer monte ou descend. Sur tout le littoral breton, on doit attendre la mer baissante pour mettre les œufs à couver. En Haute-Bretagne, le lait qui a été trait, l'eau puisée à la fontaine quand la mer monte, entrent rapidement en ébullition dans la casserole, et lorsque, en été, le lait se met à écumer dans la baratte, le beurre ne se fera qu'au moment où la mer baissera ; les édredons ou les matelas composés de plumes d'oiseaux de mer se gonflent quand le flot monte ?. En Haute- Bretagne et dans le pays boulonnais on tue les cochons à mer baissante ? ; dans le Finistère c'est alors qu'on égorge les truies, les cochors mâles devant être, comme en quelques endroits de la Manche, saignés au moment du flux : les gens sont persuadés qu'après cette opération le lard, comme la mer, monte dans le charnier; en Haute- Bretagne et à Boulogne, pour la même raison analogique, on le sale à la mer montante‘. En certains endroits, on a aussi égard à la marée en matière agricole : au pays de Tréguier on nè sème pas le trèfle à mer baissante, parce que les vaches qui le mangeraient seraient exposées. à crever, en HauteBretagne, parce qu'il perdrait sa graine avant maturité ÿ.