VITALITÉ DES CROYANCES
ont l'apparence de petits monuments : le patron y est presque toujours représenté dans une chapelle que les gens du pays nomment une « Mariette » !.
Il existe au reste d’autres lacunes dans l'exploration traditionniste des fontaines, bien que leur archéologie et leurs traditions aient figuré, depuis près de quarante ans, à diverses reprises, parmi les sujets d’études indiqués par le programme de la réunion annuelle des Sociétés savantes à la Sorbonne, et qu'elles aient été mises à l'ordre du jour de plusieurs sociétés locales importantes et zélées pour les antiquités régionales. En réalité, trois groupes seulement ont été Jusqu'ici réellement enquétés : la péninsule armoricaine, le Limousin et la région éduenne (Côte-d'Or, Saône-et-Loire, Nièvre). Chacune a été l'objet d’une ou de plusieurs monographies, très étudiées, et dans lesquelles on peut avoir confiance. Comme il est à peu près de règle que les pays où l’on s’occupe le plus sérieusement du folk-lore sont ceux dans lesquels il joue un rôle très apparent, il est permis de supposer que le culte des fontaines s’esl mieux conservé dans ces groupes que partout ailleurs. Des traces assez nombreuses en ont été aussi relevées dans la Gascogne, l'Auvergne, la Marche, pays de langue d’oc, dans le Berry, qui touche au groupe Limousin, en Poitou, sur les bords de la Loire, dans l'Orléanais et la Normandie, voisine du groupe armoricain.
C'est dans le sud de la France, et surtout dans le sud-est que l'on rencontre le moins de vestiges de ce culte légendaire. Dans quelques régions il semble presque inconnu; toutefois il n'y à pas lieu de tirer une conclusion ferme de cette rareté relative : toutes les fois que dans des contrées peu explorées à ce point de vue, et que l'on pouvait regarder comme exceptionnellement pauvres, un des collaborateurs de la Revue des Traditions populaires a Jugé la question assez intéressante pour s'en occuper, il a recueilli des faits parallèles à ceux déjà relevés dans les autres pays, et parfois même des traits qui n'avaient pas été observés ailleurs ?. On peut, je crois, conclure de ceci, et de ce qu'on lira dans les différentes sections de ce chapitre, que d’un bout à l’autre de la France, on rencontre des traces du culte des fontaines, et que dans nombre de régions il est encore très vivant. Parfois même il l'est assez pour éprouver une sorte de renouveau.
Si l’on constate que plusieurs fontaines jadis vénérées sont maintenant délaissées %, d'autres ont commencé à étre réputées à des dates