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Félix Chapiseau. Le Folk-Lore de la Beauce, t. I, p

2. On peut noter aussi que la petite île de Guernesey, enquêtée par sir Edgar Mac Culloch, a fourni a elle seule autant de faits légendaires que de vastes contrées

3. Dans la région du nord, et notamment dans la Somme et dans le Pas-de- Calais, le nombre des fontaines qui ont cessé d’être l'objet d'un culte depuis une

que l’on connaît et qui parfois sont très rapprochées de nous !; mais ni l'érection d'églises monumentales, ni les pompeuses cérémonies catholiques, n’ont pu empêcher ceux qui se rendaient à ces lieux privilégiés de mêler à leur dévotion quelques-unes des pratiques traditionnelles usitées près des sources rustiques : le plus célèbre des pèlerinages breons a lieu non-seulement à la basilique de Sainte-Anne d'Auray, mais aussi à la piscine qui recueille aujourd'hui les eaux de la source consacrée par les apparitions de la sainte à Nicolazie en 1623, et les nombreux pèlerins qui y viennent ne manquent jamais, soit avant soit après la messe, d'aller boire à la fontaine et de s’y laver la figure et les mains?. Les fidèles ont même transporté à celle source, relativement moderne, l'antique offrande des épingles ; en août 1904, le fond de la piscine en était encore tout parsemé?. Dans les premières années de la dévotion à Lourdes, qui remonte à 1863, une femme dont l'enfant était dans un élat désespéré, courut le porter à la grotte, et suivant une coutume qui, ainsi que nous le verrons, est pratiquée dans beaucoup de fontaines, elle le tint, pendant un quart d'heure, plongé dans

l'eau glaciale de la source.

La persistance, après l'établissement officiel du christianisme en Gaule, des antiques dévotions populaires aux fontaines est attestée par deux passages du célèbre sermon de saint Eloi, par les articles des capitulaires et par les anatnèmes répétés des conciles Ÿ; mais les défenses, aussi bien ecclésiastiques que civiles, conçues en termes généraux, condamnent en bloc, sans les énumérer el sans les décrire, les pratiques qui se faisaient au bord des sources. Les écrivains antérieurs au XIXe siècle ne fournissent aussi que peu de renseignements, et les théologiens qui écrivent des livres spéciaux sur les superstitions, où quelques-unes sont rapportées avec précision, signalent presque toujours d’un mot celles qui s'accomplissent près des eaux. En réalité on en a constaté fort peu qui soient assez détaillées pour qu’on puisse les

époque assez récente est assez considérable (cf. Revue des Trad. pop., t. XIX, p: 331 et suiv.). M. O. Colson m'écrit qu'en Wallonie le culte des eaux, et en'particujer celui des fontaines, est en décroissance, et que, en plusieurs Cas, la dévotion qui avait lieu à la fois près de la fontaine et du sanctuaire, ne va plus maintenant qu'à ce dernier.

1. Un pèlerinage pour les chevaux qui se tient à la source età la chapelle deSaint- Antoine en Plouharnel (Morbihan) remonte à quelques années seulement ; en 1904, on y à conduit, dit-on, plus de 400 chevaux. (Comm. de M. Z. Le Rouzic).

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