H. Merlot, ibid.,t. X, p
la source: dans la 'ouns Sent-Mert, c'était le buste du patron, comme dans la Font Sainte-Agathe*.
Les reliques des saints sont aussi portées aux fontaines, et parfois immergées. On trempait dans la Font Saint-Calmine la châsse qui contenait celles du saint qui avait été ermite auprès d'elle’. Dans le Bocage normand, cette pratique a subi une atténuation : lorsque l'on conduit le bras de saint Ernier à une chapelle près de Céaucé, il suffit qu'au retour le célébrant trempe le petit doigt dans une fontaine placée sur la route pour amener la pluie aussitôt ; mais si le doigt est mouillé trop avant, les pluies seront diluviennes“. Les reliques de saint Prime, ordinairement à Beaulieu, procuraient le beau temps quand on Îles reportaient processionnellement à la on Saint-Prime; c'était pour faire pleuvoir que l'on portait celles äe saint Julien à la Font Saint- Julien à Terrasson, et que l'on ouvrait complètement le mur d’où sort la source’.
L'usage qui consiste à plonger dans l'eau le bâton de la croix processionnelle est très répandu, et on le rencontre dans tous les pays où l'on a fait attention au folk-lore des fontaines. Il est pratiqué assez rarement par le clergé des villes, mais on l'a conslaté souvent à la campagne ; en Ille-et-Vilaine, il s'accomplit auprès d'une douzaine
de fontaines’, et c'est à peu près le chiffre relevé en Limousin. [1 a aussi lieu à la Fontaine Saint-Martin, près de Niort, à celle de Saint- Gré en Champ-Saint-Père (Vendée), près de laquelle s'élevait jadis un menhir, à la fontaine Saint-Germain à Murs (Maine-et-Loire) à la fontaine de Champrond (Eure-et-Loire), à celles de Lignou de Briouze, de Saint- Hermeland près de Rabodange (Orne)°.
À Saint-Sour de Terrasson, on peut, en enfoncant plus ou moins le
1. Georges Hervé, in Bull. Soc. d'Anthropologie, 1892, p. 530.
2. L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p. 22, 26 ; on verra d'autres immersions de reliques, en matière thérapeutique.