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Elvire de Cerny, in Journal d'Avranches, 91 février

3. Bérenger: Féraud. Superstitions et survivances, t. III, p. 294. 4. Comm. de M. Yves Sébillot.

filles qui veulent se marier doivent aller seules au bord de la fontaine et y allumer une chandelle neuve. Si celle-ci brûle jusqu’au bout, la jeune fille se mariera dans l’année, si elle s'éteint, il faut atlendre!.

Ainsi qu'on l’a déjà vu, les évènements futurs se retracent parfois sur le cristal des fontaines comme sur une sorte de glace magique. Dans les exemples qui suivent, la consultation, qui est en rapport avec l'amour, doit être faite à des époques déterminées ; elle est d'ordinaire accompagnée de circonstances propres à suggeslionner les personnes qui l'accomplissent. Le jour de la pleine lune, à minuit juste, le jeune homme qui se trouvait seul à la fontaine de Barenton voyait, si le sort devait lui être favorable, l’image de sa bien-aimée sur le miroir limpide de la source ; de même la jeune fille voyait le portrait de celui qu'elle devait épouser ; si rien n'était apparu, c'était un mauvais présage 2, En Berry, le jour de la Saint-Jean, la jeune fille en s'inclinant aux premiers rayons de l’aurore sur une source y verra se refléter, à côté de sa propre image, celle de son futur *. Les garçons qui sont embarrassés pour le choix d'une bonne amie interrogent une fontaine de Sainte-Brigitte, en se penchant au dessus par trois fois, au crépuscule; par trois lundis de mai, et, dans le miroir obscurei de la source, ils croiront voir apparaître le visage de celle qu'il est dans leur destin d'aimer‘. À Guernesey, la jeune fille qui regardait la fontaine Saint- Georges avec un vif désir de connaître son futur époux, y voyait son image 5. Cette fontaine el d'autres de l'ile, étaient visilées en silence el à jeün pendant neuf malins de suite; le dernier jour la pèlerine apercevait sur les eaux claires la figure de celui avec lequel elle devait se marier : si sa destinée était de rester fille, c'étail, au lieu d'un frais visage, une iète de mort grimaçante*.

Dans les Ardennes celle qui se rendait à la fontaine de Saint-Roger à Elan, et marchait sur les cailloux du ruisseau qui en découle, après avoir fait une prière, voyait en songe ou en réalité l'élu de son cœur’.

Quelques fontaines sont appelées à attester la pureté des personnes pour lesquelles on les consulte. Celle de Bodilis avait, à la fin du XVIIIe siècle, la propriété d'indiquer aux amants si leur maîtresse avait conservé son innocence ; il fallait lui dérober l’épingle qui ferme

1. Dr Papillault, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 366. 2. Félix Bellamy. La forêt de Bréchéliant, t. I, p. 325. 3. Laiïenel de La Salle, Croyances du Centre, t. 1, p. 96. 4. À. Le Braz, in Soc. arch. du Finistère, 1899, p. 294. 5. Louisa Lane Clarke. Guide lo Guernsey, p. 41.

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