CONSULTATION PAR LE COURANT
celui de ces objets de toilette, Quand une jeune fille jette des morceaux de poterie dans la fontaine de Saint-Derrien en Penmarc'h (Côtes-du- Nord}, le nombre des bulles d'air qui montent à la surface lui indique combien d'années elle devra attendre un mari !.
À Trigavou, non loin de Dinan, les filles, aprèsavoir prié sainte Apolline dans sa chapelle, se rendaientà la fontaine et après une courte invocation au bord de l'eau, elles y jetaient une branche d'aubépine et une croûte de pain ; si le courant entlrainail l'objet, le mariage devait se faire, s'il plongeail, la sainte y élait contraire, el il n'avait jamais lieu ?. Près de la Chartreuse de Montrieux, dans la vallée du Gapeau, est une source dont l’eau va se colliger dans deux bassins superposés, communiquant ensemble par un caniveau. Le jour de la Pentecôte, les jeunes filles désireuses de savoir si elles se marieront bientôt, arrachent une feuille à l'arbre séculaire qui ombrage la fontaine, et la déposent dans le bassin supérieur. Si elle se dirige tranquillement vers le caniveau et passe sans encombre, du bassin supérieur dans l'inférieur, Ja jeune fille est certaine de se marier dans l'année, Si au contraire elle va s'échouer contre une des parois du bassin supérieur, eile peut être assurée d'attendre encore sept ans®. La fontaine de Saint-Efflam à Plestin-les-Grèves {Côtes-du-Nord) est l’objet d’une consultation apparentée : elle consiste à poser'sur le canal qui en sort deux petits morceaux de pain, dont l'un représente la jeune fille et l'autre le garçon ; ce canal s’élargit et forme une sorte de bassin où il y a un remous, dont l'eau, après avoir tourbillonné, se rend dans un déversoir. Il est nécessaire, pour que le mariage soit prochain et probable, que durant tout ce trajet, les deux morceaux flottent en conservant la distance qui les séparait au début de la course: s'ils s'éloignent, le mariage n'aura pas lieu de si Lôt, et peut-être ne se fera-t-il jamais #.
On n'a jusqu'ici relevé que dans an coin: de la Normandie, l'usage d'interroger la destinée en allumaut des cierges ou des chandelles auprès des sources réputées miraculeuses: mais il est probablement usité ailleurs, et le mystère qui l'accompagne est peut-être la cause pour laquelle il n’a été décrit que cetteseule fois. La fontaine de Virginie quise trouve à environ cinq kilomètres de Villerville, (Calvados) est alimentée par une belle source qui sort du pied d’un vieux hêtre ; une jeune fille, tuée en cel endroit dans des circonstances passionnelles dont on parle assez vaguement, aurail été enterrée sous le vieil arbre, et ce serait cette circonstance qui aurait donné naissance à la pratiquesuivante: les jeunes