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LES LINGES MOUILLÉS

Jours de suile auprès de la fontaine sacrée ; le neuvième Jour le petit malade était revêtu d’une chemise trempée dans l’eau salutaire! .

La pratique qui consiste à envelopper le malade dans un linge mouillé dans la fontaine miraculeuse est très répandue. À la fin du X VIIT siècle, pour préserver les enfants de tous maux, on leur mettait sur le corps la chemise humide de l'eau de la source réputée efficace ?. Pour la guérison de la coqueluche infantile, on trempe la chemise du malade dans la fontaine de Notre-Dame de Pen-drew (de pen, tête, et drew, toux des enfants) à Locmaria près de Belle-lsle en Terre, et l’on offre à la sainte un bonnet plein d'avoine, de seigle ou d’étoupe ?.

Les femmes venaient, ordinairement avant le lever du soleil, à la fontaine de Saint-Lange en Saint-Didier sur Arroux, et après y avoir lavé la chemise de l'enfant malade, elles la leur mettaient encore toute ruisselante sur le corps *. Les mères bressannes observaient la même pratique dans la fontaine de Péronnas, qui n’élail sous l’invocation d'aucun saint: le petit malade dont la chemise avait été plongée dans une fontaine près de Saint-Remy (Vienne) devait la porter huit Jours de suite, sans la quitter !.

Les chemises et vêtements d'enfants atteints de la colique sont plongées par les mères dans la fontaine de Saint-Mamers près de Baud'.

Les adultes semblent employer plus rarement ce moyen de guérison. Cependant les personnes galeuses se rendaient jadis à Ver-les-Chartres, où après avoir fait bénir lachemise parle curé, elles la trempaient dans la fontaine de Saint-Caprais, se l’appliquaient sur le corps, achevaient de se vêtir, et la conservaient pendant un jour entier ; à la fontaine de Saint-Eman près Illiers, les chemises ou les linges qui y ont été immergés sont appliqués à nu sur le corps des malades atteints de fièvre ou de fluxion de poitrine, et ils doivent les conserver pendant neuf jours, On fait porter à celui qui souffre des fièvres paludéennes, une chemise absolument blanche, trempée dansla fontaine de saint Vio, près de Pont-Labbé. Le procédé qui consiste à s’envelopper d'un linge trempé dans l'eau sacrée, est observé dans un grand nombre d’autres endroits du pays bretonnant ? ; on le retrouve en matière de lièvre, en Anjou, à

1. Alex. Bouet. Breiz-Izel, t. II, p. 13-14. Une des planches dessinées par Olivier Perrin représente cette scène, ainsi que quelques autres dévotions qui se passent dans l’enceinte de la fontaine sacrée, d’un aspect assez monumental,

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