‹ Le folk-lore de FranceChapitre 220 sur 403 · Cambry. Voyage dans le Finistère, p · texte numérisé non relu

Cambry. Voyage dans le Finistère, p

3. Henri Liégard. Les saints quérisseurs de Basse-Brelagne, p. 31.

Dr Paul Bidault. Superstitions médicales du Morvan, p. 70.

F. Renard. Superstitions bressannes, p. 22.

Léon Pineau, in Rev. des Trad. pop., t. V, p. 188.

Ogée. Dictionnaire de Bretagne.

. A.-S. Morin. Le prétre et le sorcier, p. 285, 981.

G.-P. de Ritalongi. Les Bigoudens, p. 505. Henri Liégard, 1. c., p. 57-58.

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la fontaine de Saint-Léger, à Doué ; dans l'Yonne, à celle de Melon, à Sens même !.

Celte coutume s’est adoucie sur plusieurs points de la Bretagne, où elle a subi une transformation qui, bien que plus hygiénique, conserve encore une sorte de caractère rituel. La chemise du palient est toujours plongée dans l'eau miraculeuse ; on ne l'en revêt pas immédiatement, mais lorsqu'elle a été séchée à l'ombre. Cette condition est obligatoire. Elle est observée à Treflez pour les enfants en retard, dont le linge a été lavé à la source de sainte Ediltrud?. Les gens atteints du mal Sainte- Blanche, qui consiste en une éruption de boutons sur tout Île corps, boivent un peu de l’eau de la fontaine dédiée à cette sainte dans les ruines de l'abbaye de Lantenac, au milieu de la forêt de Loudéac, ou à celle de sainte Blanche de Saint-Cast, et ils ne prennent la chemise qui y à été trempée que lorsqu'elle est devenue sèche loin des rayons du soleil?. Il en est de même de la chemise plongée, pour la guérison du mal Saint-Just (la suette), à la fontaine Saint-Just, à Plœuc (Côtes-du- Nord), de celle de l’enfant atteint de coliques, qui après avoir élé immergée par un pèlerin dans la Fontaine de Saint-Germain en Hénon, est ensuite rapportée à la maison“.

Des lustralions, qui sont en réalité des espèces de douches, ont lieu en plusieurs endroits de la Bretagne, et notamment à Saint-Laurentdu-Pouldour. Voici comment les décrit un lémoin oculaire qui les observa au milieu du siècle dernier. D'abord descendit une femme, les épaules nues, à peine couverte par un mouchoir à carreaux, qu’elle enleva d’un geste brusque, quand elle se fut assise sous le jet qui descend du haut de la piscine. Alors, après une courte prière, elle rejeta tout son corps en arrière, et hardiment, présentant sa poitrine au courant, reçut en plein cœur la douche bienfaisante. Un cri douloureux s'échappa de ses lèvres, mais résistant fiévreusement au mal, trois fois elle recommença l'épreuve. Reprenant alors son vêtement, elle gravitles marches, et se livrant aux mains de ses compagnes, endossa son justin, replaca sur sa chevelure dénouée sa coiffe blanche, ets'en fut prier à la chapelle. Plusieurs autres jeunes filles la suivaient, imitant son exemple et répétant comme elle : Sant Lorans, kon preservo, haga lamo diganeomp ar boan isili. Que saint Laurent nous préserve el qu'il enlève de dessus nous le mal de nos membres! Le détilé dura

1. Bull. historique de l'Anjou, t. V, 1858, p. 263 ; Abel Hovelacque, in Rev. des Trad Pope Lt VI p100:

2. Ilenri Liégard. Les saints quérisseurs de Basse-Bretagne, p. 33.

3. Paul Sébillot. Petite légende dorée de la Haute-Brelagne, p. 8.

4. Ewile Hamonic, in Rev. des Trad. pop., t. IV, p. 163. J.-M. Carlo, ibid., t. XV, p. 614.

plus d’une heure. C'était avant l'aurore que les hommes avaient opéré leurs ablutions !.

Les lotions faites sur les pèlerins encore vêtus Lotalement ou partiellement de leurs habits, sont communes en Basse-Bretagne, où un grand nombre de sources guérissent ou soulagent les malades atteints de rhumatismes ou de toute affection douloureuse des membres. Le jour du pardon, de vieilles mendiantcs assises au bord de la fontaine, tendent d'énormes écuelles remplies d'eau; chaque malade s’en rafraichil sommairement le visage et les mains. Les vieilles mendiantes passent ensuite dans les rangs des assistants, versant l'eau le long des bras levés au ciel, dans les sabots, elc.; pour terminer, un signe de croix fait avec l'eau de la source en guise d'eau bénite?.

Près de Baud, les fidèles après avoir adressé leurs prières à N.-D. de Clarté, vont se laver les yeux à la fontaine, boivent un peu de son eau et s'en jettent dans les manches *.

Lorsque les malades connus en Bretagne sous le nom d'Aboyeuses de Josselin, ont louché des lèvres la châsse de Notre-Dame du Roncier, où souvent ils ont été portés de force, ils se calment, puis on les conduit à la fontaine miraculeuse, à environ 150 mètres du bourg. A l’aide d’une écuelle, on leur lave les mains et la figure avec l'eau, qui est assez fraîche. On leur en fait aussi boire un peu ; mais la lotion est essen- Lielle. Après cela, ils sont guéris, du moins pour celle année; car il y a souvent récidive *.

À Silliac dans le Morbihan, pour oblenir la guérison des maux de pieds, les malades se lavent dans une petite fontaine située dans la chapelle même de Saint-Laurent”,

Les conjuralions faites auprès des fontaines dans le but de guérir les infirmités d'autrui n'ont été relevées qu’une seule fois, et sur un

1. Henri du Cleuziou. Brelagne. Le pays de Léon, t. 1, p. 7-8. Un dessin de Th. Busnel représente cette scène, ainsi que la fontaine d’où sort le jet d’eau.

2. Henri Liégard. Les sainis quérisseurs de la Basse-Brelagne, p. 55-56.

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