‹ Le folk-lore de FranceChapitre 224 sur 403 · OÙ I © OT & OÙ ND · texte numérisé non relu

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la fièvre tierce celui qui buvait trois fois de ses eaux à l'heure de minuit. On passait autrefois la nuit à la fontaine de Saint-Privé, dans l'Autunois?. A Gerzat (Puy-de-Dôme), ceux qui, pour être préservés des fièvres, vont boire à la fontaine du Vignal, le jour de la fête de N.-D. de Septembre, ou dans le courant de l’année, y puisent avant le lever du soleil. Les ablutions à la fontaine de Sainte-Quitterie à Aubous (Basses-Pyrénées) n'ont, suivant la croyance générale, d'eflicacité que si elles sont faites avant l'aurore. L'eau bue à celle de Saint-Hippolyte à Bonnay n'avait de vertu que le jour de la fête du saint et aussi avant le soleil levant‘. En Limousin, dans la plupart des cas, c'est pendant la nuit ou avant le lever du soleil qu'on va puiser l'eau des fontaines guérissantes 5. Dans la Nièvre, pour se débarrasser de la fièvre, on se rend, un peu avant l'aube, près de la source à laquelle on veut demander la guérison. Là, s'agenouillant sur ses bords, on dit: « Source, je t'apporte mon malheur, donne-moi ton bonheur. » Geci dit, on jette une pièce de monnaie par dessus son épaule gauche, comme offrande à la divinité de la source; mais il ne faut pas être vu par quelque indiseret pendant qu'on l'invoque, sinon le charme est rompu, et elle rentre immédiatement dans sa retraitef. A la fontaine de Tussy, près de Saint- Honoré-les-Bains, le rite est le même, sauf qu'avant de jeter la pièce de monnaie, il faut faire avec elle plusieurs signes de croix. Là aussi il est nécessaire de n’être aperçu par âme qui vive’. Voici une pratique de l'Ille-et-Vilaine qui peut être faite à n'importe quelle fontaine: pour guérir la fièvre, il faut aller chercher de l'eau au coucher du soleil, la mettre à passer la nuit dehors dans un verre, et la boire le lendemain matin, avant que le soleil soit levé.

Lorsque, vers 18%5, on allait en pèlerinage, le 8 septembre, à la fontaine de Betharram, au lieu de la visiter la nuit, comme le faisaient ceux qui s'y rendaient à la Saint-Jean, c'était en plein jour et l'après-midi que les infirmes venaient lui demander la guérison de leurs maux*.

Les pèlerins se montrent parfois assez irrespeclueux à l'égard des saints dont l'effigie est placée dans une niche au-dessus de la source miraculeuse. Ceux qui se rendent à la fontaine de Saint-Laurent en Plémy (Côtes-du-Nord), réputée pour la guérison des eczémas, appelés

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