MENUES PRATIQUES
Les fiévreux doivent, à jeun, vider et curer la fontaine de saint Berthevin-la-Tannière ; le maldisparait quand l'opération est terminée. Ceux qui, atteints de la même affection, se rendent à la fontaine de Saint-Melaine en Pléloff, la troublent le plus possible : lorsque l'eau n'est plus qu'une épaisse fange, ils doivent donner l’accolade à la statuette qui surmonte la source, et boire un verre de cette bouillie 2.
L'eau des trois fontaines de Saint-Léobon au-dessus de Fursac, guérit la fièvre; mais, après l'avoir bue, il faut retourner par un chemin différent de celui par lequel on est venu. De plus le malade doit, avec sa main gauche, faire un nœud aux genêts qui poussent près de l'ermitage, coutume pratiquée en d'autres endroits de la Marche 3.
À Pluméliau, avant la fête patronale, les gars du pays laissaient croître leur barbe, et la matin même de la fête, ils venaient se faire raser sur le banc de pierre qui borde la fontaine de Saint-Nicodème, pour se laver dans l’eau de la source qu’elle recouvre t.
Pour la guérison des rhumatismes, le malade va, pieds nus, un ciérge à la main, de chez lui à la Font Saint-lrieis de Lubersac, lave le membre souffrant, boit de l’eau et dépose divers objets votifs dans une niche au-dessus de la fontaine. Ces pratiques ont lieu trois lundis consécutifs, au commencement de la lune ÿ.
Lorsque le malade atteint d'hydropisie se rend à la fontaine de Saint-Eutrope à Saint-Eman (Eure-et-Loir), il va après plusieurs cérémonies, tremper un ruban dans l’eau sacrée, il le fait toucher à la statue de saint Eutrope et le porte pendant neuf jours 6. Les pèlerins qui vont à la fontaine de Sainte-Eulalie à Corrobert (Marne), le 42 février, pour la guérison de la fièvre, y jettent, après la messe, de petites croix formées de deux brindilles de bois qu'il est expressément recommandé de ne pas regarder tomber dans l’eau’.
Les nombres jouent, dans les pratiques faites auprès des sources, un rôle que l’on a déjà pu constater : pour la guérison des maladies cutanées on lave neuf fois la partie souffrante dans la Fontaine de Saint-Martin à Sains*; dans le pays de Baugé (Maine-et-Loire) où quelques fontaines passent pour être curatives des affections de la vue, on applique leurs eaux en lotions sur les yeux, ordinairement pendant