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L. Durif. Le Cantal, p

neuf jours ‘; dans l’Autunois, ceux qui font une neuvaine, à une intention particulière, doivent boire l’eau de la fontaine pendant le même espace de temps* de même que celle qui a été puisée à la fontaine de Saint-Eman, réputée pour la guérison des fièvres et des fluxions de poitrine ; les chemises et les linges qui, après avoir été trempés dans ces eaux, ont élé appliqués à nu sur les malades doivent être conservés aussi pendant neuf jours *.

D'après la croyance de Guernesey, l'efficacité de l'eau des fontaines est subordonnée à diverses circonstances ; lorsque le patient a jeûné pendant neuf matins consécutifs, on l'applique avec le doigt sur la partie malade et non avec une éponge ou un linge. Il faut qu’elle ait été puisée chaque malin au point du jour, et il est nécessaire que celui qui va la prendre ne parle à personne, soit à l'aller, soit au retour ; pas une goulte ne doit tomber du vase qui la contient #.

On a déjà vu qu'il est dangereux de se moquer du pouvoir des fontaines, et que des gens qui s'étaient permis, par dérision, de boire des eaux lactifères avaient élé punis par le gonflement de leurs mamelles. Il est aussi téméraire d'employer, sans que l'on en ait besoin, les eaux guérissantes : Si un incrédule se servait de l’eau de la fontaine Saint-Clair à Lemerzel, il attraperait immédiatement une conjonctivite®. En Limousin, les maladies que guérit la source retombent sur ceux qui en vendent ou en achètent de l'eau, s'ils n’en sont propriétaires ou marguilliers °.

Des légendes intimidantes montrent qu'il est imprudent de combattre le culte rendu aux fontaines. Le clergé lui-même n'est pas à l’abri de la vengeance du génie qui y réside. On raconte, dans les environs d’Autun, en citant les noms, comment des ecclésiastiques furent punis. C’est ainsi que le curé de Broye, ayant prêché contre la fêle de la Certenue, fut atteint de la fièvre et ne put la perdre qu'en faisant faire par une femme une neuvaine à la Certenue, et en venant boire lui-même à la source qui le guérit’.

Plusieurs contes parlent de fontaines qui rendent la vue aux aveugles : le thème le plus habituel est celui-ci: un soldat, à qui son compagnon a crevé les yeux, apprend de sorciers déguisés en animaux qu’il suffit, pour être guéri, de se plonger la têle dans une fontaine *. . Comm. de M. Fraysse.

. J. G. Bulliot et Thiollier. La Mission de saint Martin, p. 313.

. À. S. Morin. Le Prélre et le sorcier, p. 280-181.

. Edgar Mac Culloch. Guernsey Folk-Lore, p. 190.

. Henri Liégard. Les saints quérisseurs de Basse-Brelagne, p. 46. . L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p. 11.

. J.-G. Bulliot et Thiollier. La Mission de saint Marlin, p. 314.

. E. Cosquin. Contes de Lorraine, t. 1, p. 87; Johannès Plantadis, in Rev. des Trad. pop., t. XII, p. 540 (Limousin).

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