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OFFRANDES DE:COMESTIBLES

peu de valeur ; souvent elle est associée à d'autres présents : parmi ceux faits à celle de Saint-Martin à Vauban, figurent. les pommes et les poires ! ; après avoir fait passer neuf fois l'enfant attaqué du mal chestiu (langueur) sur le bord en pierre du bassin de la Foun Sent-Geniez, où y laisse un chapelet de noix et de noisettes ?.

Les offrandes de choses comestibles apportées par ceux qui demandent des grâces aux fontaines sont surtout fréquentes dans la région éduenne (Saône-et-Loire, Nièvre, Côte-d'or); ailleurs elles paraissent rares, et en Bretagne, le pays classique du culte des sources, elles semblent à peu près inconnues à l'heure actuelle. Cependant on offrait à la Vierge d'une fontaine dé Locmaria (Côtesdu-Nord) un bonnet plein d'avoine et de seigle ?.

Les libations aux fontaines, dont une ode célèbre d'Horace nous a conservé le gracieux souvenir, ne sont pas non plus usitées en France ; du moins je n’ai relevé nulle part l'offrande de vin, de cidre ou d’une liqueur quelconque ; mais il est vraisemblable qu'elle est pratiquée dans les pays où, comme en Limousin, on offre un verre de vin aux puits, le premicr jour de l’an, pour que leur niveau ne baisse pas *.

Les pèlerins qui venaient, le premier mercredi de Mai, avant le lever du soleil, boire aux sources du Mont Beuvrayÿ, plaçaient auprès des bouquets de plantes magiques, el ils conjuraient le sort en jetant par dessus l'épaule gauche une baguette de coudrier 5.

Les fruits ou les xégétaux qu'on dépose dans les fontaines, ou dans leur voisinage immédiat, ne constituent pas toujours une offrande ; c'est parfois un moyen de se débarrasser de certaines incommodités. Souvent, ainsi qu'on le verra au chapitre des puits, l’objet offert présente quelque ressemblance avec le mal qui afflige celui qui croit à l'efficacité de la pratique. Aux environs de Reunes, pour faire passer les verrues, on lance des pois, au soleil levant, dans une fontaine ; quand ils sont pourris, les verrues s'en vont; dans le pays fougerais, c'est aussi en raison d'une analogie de forme et de nom que, pour se débarrasser d’un orgeolet, on jette un grain d'orge dans une source : à mesure qu'il pourrit le mal se dissipe !.

IL est assez vraisemblable que l'on pensait attirer d'une facon toute

Lex cpu L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p. 11. . D' H. Liégard. Les saints quérisseurs de Basse -Brelagne, p. 31. . L. de Nussac. Les Fon/aines en Limousin, p. 13. Le passage s'applique exclu: sivement aux puits, ce qui semble démontrer que l'auteur n'avait eu connaissance d'aucune libation du mêm: genre faite aux fontaines elles-mêmes.

5. J.-G. Bulliot et Thiollier. La Mission de saint Marlin, p. 385.

6. Paul Sébillot. Tradilions de la Haute-Bretagne, t. 11, p. 343.

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