Ludovic Martinet. Légendes du Benny Mpei
5. Louis Morin, in Rev. des Trad. pop., t. VI, p. 608, d'a. Annuaire de l'Aube,
6. A. Dauzat, in Rev. des Tred. pop.,t. XIII, p. 382. 1. Léon Plancouard, in Rev. des Trad. pop., t. XVI, p. 383.
de Notre-Dame à Changy, les blancs ou catholiques non concordalaires, pratiquaient le même usage .
Dans les Ardennes, après le nettoyage des fontaines fait la veille de la Pentecôte par les jeunes filles, les garçons les décoraient le lendemain de fleurs et de branchages?. Jadis, à une époque que l’on n'indique pas, mais qui devait être voisine des beaux jours, les enfants portaient à une fontaine près de Quintin (Côtes-du-Nord) des bannières formées par des digitales pourprées enfilées sur des tiges de fougères *.
Dans les Vosges, et parliculièrement dans le canton de Schirmek, le premier jour de l'anet le premier mai, on ornait les fontaines d'un jeuue sapin ou de tout autre arbre, auquel on suspendail des banderolles de papier de couleur et parfois de petits mannequins en plâtre, en carton ou en linge“.
Certaines offrandes sont faites à des époques déterminées, correspondant à des fêtes populaires, et surtout à la période des étrennes, et elles ont, d'ordinaire, pour but d'altirer la chance sur le donateur, et peut-être de lui concilier la faveur du génie de la source. En Dauphiné, le premier qui allait à la fontaine le premier jour de l'an, laissait auprès des noiselles ou des pommes ‘. Au commencement du XVIL: siècle, on faisait ce même jour, en Basse-Bretagne, une espèce de sacrifice aux fontaines publiques, chacun offrant un morceau de pain couvert de beurre à celle de son village‘. Dans la Creuse, on y jetait un morceau de pain, graissé de beurre, du grain, des fruits. Dans les Basses-Alpes, la mère de famille qui, la première, puisait de l’eau à la fontaine y plaçait sur une pierre, les prémices de son travail, soit du pain, du beurre, du fromage, qu'emportait celle qui venait ensuite, en les remplaçant par une offrande destinée à celle qui suivra °. En Limousin celui qui va, à minuit, déposer dans la fontaine du village une étrenne quelconque verra ses vaches prospérer plus que celles de ses voisins *.
Dans le Morvan, la jeune fille qui a la bonne fortune de pouvoir orner, avant toute autre, le jour des Rogations, la statuette qui décore ordinairement les fontaines qui jadis étaient l’objet d'un culte païen, a les chances les plus sérieuses de se marier dans l'année ".
1. L. Lex. Le Culle des eaux en Saône-et-Loire, p. 45, 19, 18. 2. A. Meyrac. Trad. des Ardennes, p. 44.