OBJETS SUSPENDUS :AUX ENVIRONS
avant d'en emporter des cruches pleines d'eau, allument des chandelles en l'honneur du saint!'. Les bougies de cire Jaune que l’on fait brûler en Basse-Bretagne aux pieds du saint dont la statuette occupe une niche pratiquée dans le mur de la fontaine? sont peut-être une christianisation
de celles qu'on offrait jadis au génie de la source.
L'usage de suspendre des objets de diverses natures aux branches des arbres qui avoisinent les fontaines miraculeuses est très répandu ; ceux qui l'observent semblent parfois croire qu'il est nécessaire à la guérison de la maladie pour laquelle on fait le voyage. Vers 1818, ceux qui baïgnaient la partie de leur corps affectée de quelque incommodité dans la fontaine de Bétharram, avaient soin de déposer sur les ronces qui l'environnent, le linge qui leur avait servi, persuadés que sans cette formalité, le remède n'aurait produit aucun effet *. Les personnes qui souffrent de la fièvre accrochent ou font accrocher aux branches qui ombragent une fontaine de la commune de Saint-Aubin, des chapelets ou des médailles, pendant neuf jours consécutifs ; au bout de ce temps, on les détache, et l'on emporte une bouteille de l’eau de la source‘. Le fiévreux qui se rendait à la fontaine de Saint-Pierre-ès- Liens, à Dosches (Aube), liait sa fièvre en attachant un brin d’osier aux poteaux qui supportent le toit de la fontaine ou aux saules d'alentour ; cette pratique avait peut-être élé suggérée par l'épilhète du saint auquel la source élait dédiée. En même temps le malade commençait une neuvaine et buvait chaque jour, pendant sa durée, une gorgée d'eau. Les pèlerins qui, pour la guérison des maux d'yeux, se sont lavés avec un linge trempé dans la fontaine de Saint- Laurent à Trousseauville, près de Dives-sur- Mer (Calvados) ne manquent pas de le déposer sur les branches d'un des arbres voisins ê.
Dans le Vexin, après avoir puisé l'eau des fontaines, et placé des ex-volo sur les membres{souffrants, on suspend des vêtements de toutes sortes, des bracelets, etc, aux rameaux des arbres qui Avoisinent la source ?,
À la Font Dolent, en Varennes-sous-Dun, les pèlerins plantaient dans la vase de petites croix faites avec des branches de coudrier ; les jeunes filles désireuses d’être épousées dans l'année en fichaient aussi sur le
bord de la fontaine de Sainte-Radegonde, à Chissey en Morvan ; à celle
1. Bull, historique de l'Anjou, t. IV (1858), p. 165 à 301. 2. Alex. Bouet. Breiz-Izel, t. I, pe 74.