‹ Le folk-lore de FranceChapitre 244 sur 403 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le folk-lore des puits est bien modeste en comparaison de celui des fontaines: celles-ci ont été l’objet de plusieurs monographies importantes, et il n’est guère de livre traditionniste qui ne fournisse quelque utile contribution à l'étude des légendes, des superstitions et des observances en relation avec elles. Les puits ont beaucoup plus rarement alliré l'attention des chercheurs: dans aucun ouvrage ils n'occupent même un paragraphe entier; les traits légendaires ou Superstitieux qui s’y rattachent sont placés presque par hasard, et à titre accessoire, au milieu de faits d’un ordre différent. Frappé de cette dispersion, j'avais réuni dans un article de la Revue des Traditions populaires (L. XVI, p. 568-571), un certain nombre d'observations empruntées à divers auteurs, et je les avais groupées par affinités, dans l’espoir d'attirer l'attention de mes lecteurs, et de les engager à commencer des recherches autour d'eux sur ce sujet relativement neuf. À en juger par les communications qui me sont parvenues, la récolte a été bien peu fructueuse.

Si l’on compare les puits aux fontaines, on s'explique assez aisément la disproportion qui existe au point de vue folklorique entre ces deux catégories de réservoirs d'eaux. Alors que les sources vives sourdent naturellement, que la plupart semblent remonter à l'origine des choses, et que les autres se montrent à la suite d'interventions surnalurelles, les puits sont d'ordinaire assez récents, et nul n'ignore qu'ils ont été creusés par des hommes. Au lieu d’être, comme nombre de sources, dans des endroits isolés, sous l'ombrage des bois ou au flanc des montagnes, ils se trouvent dans des terrains plats et découverts, au milieu des habitations ou tout au moins dans leur voisinage, et ces diverses circonstances empêchent le mystère favorable à l’éclosion ou à la conservation des légendes.

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