LÉS HANTISES ANIMALES
fait un grand bruit en se brisant contre les rochers. Lorsque le saint la rappelle avec son cor, la meute fidèle lui répond. C’est pour cela que ce lieu se nomme Bourlenias !.
Dans la vallée de la Cance, la rivière, après avoir descendu du Pasdu-Diable, forme une bruyante cascade, qui est fréquentée par deux corbeaux ; on les voit rarement, mais on les entend souvent se livrer à leurs ébats. Un même nid, dit-on, les rassemble, et jamais des yeux indiscrets ne les ont obligés à le déplacer. Ces corbeaux furent autrefvis deux amants, un page et une chätelaine, qui venaient parler d'amour en ce lieu solitaire pendant que le seigneur était à la Croisade. Il avait ordonné à son écuyer de veiller sur sa femme, et même de la tuer, s’il s’apercevait qu’elle lui était infidèle. Un jour il surprit les deux amants, et son poignard était levé pour les frapper, quand le génie de ces lieux écarta son bras avec sa baguette et changea les amoureux en corbeaux. On prétend que, chaque nuit, leur forme première leur est rendue, et qu'ils se promènent sans crainte le long des rochers et des vallons. Sur le torrent auprès de la Fosse-Arthour on voit planer chaque jour deux corbeaux tout blancs qui protègent les moissons de la contrée : ce sont les âmes de deux amants qui se noyèrent en ce lieu ?.
La légende du serpent qui, avant d’aller se désaltérer, dépose son diamant sur le gazon, est surtout répandue dans l'Est et le Nord de la France ; elle est assez rarement en relation avec les eaux courantes. Cependant, en Lorraine, un formidable dragon, le front étincelant d’escarboucles, fréquentait les rives de la Saône à la Goutte du Patay®, Dans la Belgique wallonne, on raconte avec détails les gestes d’un reptile qui fut dépouillé de son trésor, à un endroit où, près de Court Saint-Etienne, l'eau fai entendre un grand bruit. Au temps passé, un énorme serpentétouffait dans ses replis toutes les créatures qui passaient par Morimont. Il portait constamment sur le front un gros diamant, et ne le laissait que pour se baigner ; alors il le déposait sur une pierre plate. Au début, il ne le quittait pas des yeux, mais lorsque ses carnages eurent seméla terreur dansle pays, ilavait pris confiance, et il s’ébattait une demi-heure durant en plein soleil, sans plus y prendre garde. Un charbonnier des environs résolut de tenter de s'emparer du fameux diamant ; il construisit une grande fonte, et pendant ce long travail, chaque jour, sur le coup de midi, il grimpait sur un gros bouleau pour observer le manège du monstre et savoir exactement où il déposait sa pierre avant d'entrer dans l’eau, Quand le charbonnier fut bien au