C. Moiset. Usages de l'Yonne, p
2. Hippolyte Sauvage. Légendes normandes, p. 16-78, 31. 3. Richard. Trad. de Lorraine, p. 131.
courant de ses habitudes, il s'embusqua et, au moment précis où lé serpent se baignait sans inquiétude, et que les craquements des bûches en combustion dans la fonte émpéchaient la bêle d'entendre lu marche d'un homme, il se faufila, s'empara du diamant et se relira vivement, À sa sortie dé l’eau le serpent entra dans une colère terrible en constatant la disparition de son joyau ; il battit les buissons en sifflant avec furie, tordant et cassant dans sa rage les branches et les jeunes arbres qu'it rencontrait. Ces recherches étant vaines, il se douta d'où venait le coup, et se dirigea vers les cabanes dés charbonniers. Ceuxci, épouvantés, s'élaient barricadés et avaient bouché jusqu'aux trous des cheminées. Après plusieurs heures de tentatives infructueuses, le monstre dutse reconnaître impuissant. Mais alors, au comble de la rage, il broqua dans la terre avec une telle violence, qu'il creusa le trou Où c’qui l’aive ritchait !.
Près du ruisseau de Mossig, dans la vallée de Kronthal (Basse-Alsace) on entend souvent, dans les nuits tranquilles, un chant doux et mélodieux ; il provient de beaux serpents qui sont sur ses bords, et dont on voit briller la couronne d'or parmi lé gazon ?.
Les rivières ne recouvrent pas, comme la mer et les lacs, des villes entières ; mais elles ont parfois englouti des villages, des moulins ou, ainsi qu'on l'a vu, des monastères, à cause du mauvais cœur ou de l'impiété de leurs habitants. Une vieille mendiante repoussée un soir par les villageois de Petignan {Var) finit par trouver un paysan qui lui permit de coucher dans sa grange. Au milieu de la nuit, la vieille vint frapper à coups redoublés à la porte de la chambre de son hôte et l'engagea à se réfugier sans retard sur une éminence voisine, Le paysan suivit son conseil, et le lendemain il pul conslater que Île débordement d'un ruisseau de la vallée avait couvert les maisons de gravier ; tous les habitants avaient péri et leurs terres étaient dévastées”*. Pendant une nuit de Noël des tailleurs de Plouec jouaient aux cartes ‘avec le maître du logis dans un moulin silué sur la rivière du Trieux. L'heure de minuit les trouva les cartes à la main, jurant et blasphémant. La servante, qui était une fille pieuse, avait, aux premiers sons de la cloche, quitté seule la maison pour se rendre à l’église. Quand elle revint, à la place du moulin, elle ne trouva qu'une nappe d’eau. Depuis, tous les ans, pendant la messe de minuit on entend sur l'emplacement du moulin fondu, le tic-tac d’un moulin à blé, et des voix qui gémissent, Lorsqu'on passe le soir de la mi-août près de la Cave tournante, dans le