Stæœber. Die Sagen des Elsasses, n
3. Bérenger-Féraud. Supérstitiôns el survivances; t. LH], p. 5: 4. B. Jollivet. Les Côles-du-Nord, t. [1], p. 228,
notes tte
lit du Couesnon, entre Tremblay et Bazouges-la-Pérouse, on entend aussi distinctement le tic-tac d'un moulin, le cri d'un enfant que l'on berce et le chant du coq répété trois fois. Il existait jadis un moulin à cet endroit, et un jour que le meunier avait donné l'ordre de le faire marcher le dimanche toute la journée, et défendu à ses serviteurs d’aller à la messe, le moulin et ses habitants furent engloutis au fond de la cave', 1
Les habitants du voisinage des rivières disent que parfois, mais surtout au moment des fêtes chrétiennes, des cloches carillonnent au fond des eaux, et des légendes racontent en quelles circonstances elles y ont été précipitées; plusieurs de celles de la Normandie font remonter ce prodige à des épisodes de la guerre de Cent Ans, Après avoir dévasté l’abbaye de Corneville, les Anglais enlevèrent la cloche principale sur une barque, que celte charge trop pesante fit chavirer. Mais tandis qu'on s’efforçait de retirer la cloche de l'eau, les Français survinrent, et les Anglais se virent contraints d'abandonner leur prise. Depuis ce jour, chaque fois que les cloches du pays relentissaient de joyeux carillons pour célébrer quelque fête solennelle, la cloche, demeurée au fond de la rivière, s'unissait à ces bruyantes volées, comme pour témoigner qu’elle était restée sur le sol de France et que l'ennemi n'avait pas fait sa conquêle’. Le baron des Biards, sur le point d'être forcé par les Anglais, ramassa ses richesses el les jeta dans l'endroit le plus profond de la rivière, Parmi ses trésors se trouvaient trois belles cloches d'argent, que l’on distingue au fond des eaux, lorsque le ciel est sans nuages. Mais le courant est si rapide, que personne n'a pu jusqu'ici affronter le tourbillon qu'il forme ; elles sont d'ailleurs si pesantes quon ne pourrait les remuer. Elles se font entendre quelquefois pendant la nuit, surtout pendant celle de Noël*, comme celles de la Boissière Thouaraise, jetées dans le Cesbron en 1793 par ceux qui les transportaient à Parthenay*, celles de l'ancien château au Gour de Lisle sur la rivière de Braine®. C’est également, en cette nuil merveilleuse, lorsqu'on sonne Matines, que le son affaibli de la clochette de l'oratoire de Saint Roch à Saint-Martin d’Ouilly, s'élève des profondeurs de l’eau : un soir de Noël des faux-monnayeurs, les seigneurs du Han de Clécy, la descendirent
4. À, Orain. Le Folk-Lore de l'Ille-et-Vilaine, t. IN, p. 317.