‹ Le folk-lore de FranceChapitre 317 sur 403 · B. Souché. Croyances, présages, etc., p · texte numérisé non relu

B. Souché. Croyances, présages, etc., p

5. Bérenger-Féraud. Superstitions et survivances, t. V, p. 480,

mariés qui vont cracher dans la rivière d'Ouche, à un endroit consacré par la tradition, sont sûrs de trouver dans l’année la femme ou le mari qui leur convient".

Des observances que l'on constate aussi, mais bien plus rarement sur le bord de la mer, sont encore pratiquées sur les eaux des rivières ; Lorsqu'on suppose que quelqu'un s’est noyé, sans en être absolument certain, pour savoir s'il a réellement péri, ou plus souvent encore pour retrouver le cadavre, on se sert de plusieurs procédés traditionnels: ils consistent à faire flotter sur l’eau certains objets qui, suivant une idée probablement ancienne, indiquent l'endroit où est le défunt. Le pain et le cierge figurent parmi les éléments nécessaires à cette épreuve. La forme la plus simple était usitée, du côté de Guingamp, vers 1795 : quand on ne pouvait retrouver le corps d'un noyé, on mettait un cierge allumé sur un pain qu'on abandonnait au cours de l'eau; à l'endroit où il s’arrêtait on trouvait le cadavre ?. Ce procédé est encore en usage dans plusieurs contrées. À Stavelot, dans la province de Liège, lon fait flotter un morceau de pain bénit sur l’eau ; quand il passe audessus du cadavre, celui-ci le saisit avec le bras *. Sur les rives de la Garonne, on confie au courant un pain double dans lequel est fixé un cierge allumé, le tout béni préalablement par le prêtre ; la barque des sauveteurs le suit d'assez loin, au fil de l’eau, sans faire usage de rame ni d'aviron*. Plus fréquemment le pain et le cierge sont posés sur un objet qui flotte aisément comme une sorte de bateau et qui est destiné à les empêcher d'être trop vite submergés. C’est ainsi que l’on procédait à Paris, au commencement du XVIII: siècle. Une femme ayant perdu son fils qui s'était noyé, on lui dit qu’elle trouverait son corps en mettant dans une sébile de bois un cierge allumé et un pain de saint Nicolas de Tolentin {pain bénit sous l'invocation de ce saint). Elle le fit, mais l’esquif mit le feu à un bateau de foin’, et c'est à cette circonstance que nous devons de connaître cette superstition.

Dans la partie de la Loire qui coule entre l’Anjou et la Bretagne, on plante au milieu d'un sabot de travail un cierge béni qu'on allume: le sabot est déposé à la place même où l’on présume que la personne s'est noyée, et on le suit dans une barque jusqu'à ce qu'il s'arrête ; quelquefois il hésite, il tournoie, il s'enfonce comme le bouchon d’une

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