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LES CONSULTATIONS

les innocents, permit qu'il se trouvât sous les eaux une pointe qui accrocha la corde, soutint la femme et l’empêcha de couler au fond du fleuve. Plus tard on appliqua cette épreuve aux personnes accusées de sorcellerie ; mais la croyance, toute contraire à celle rapportée cidessus, était fondée sur l’idée que les corps des sorciers et des sorcières étant plongés dans l’eau, n'allaient point au fond, mais surnageaient, parce qu'ils avaient fait paction avec le Mauvais de ne pouvoir être noyés. En 1594, le procureur fiscal de Dinteville en Champagne ayant fait jeter à la rivière une femme accusée de sorcellerie, fut traduit devant le Parlement et l'avocat du roi déclara que cette pratique avait été employée maintes fois, non-seulement en Champagne, mais en plusieurs autres provinces, comme dans l’Anjou et le Maine, et le Parlement la défendit par un arrêt où il visait des arrêts précédemment rendus. Cette ordalie persista malgré tout, et à la fin du XVII° siècle elle n'avait jamais cessé en plusieurs endroits de la Bourgogne, où on la faisait, sans autorité de justice, ou parfois sur l'ordre de juges peu instruits. En 1699, un menuisier de Saint-Florentin, soupçonné d’être sorcier, demanda à être jeté à l'eau, pieds et poings liés, pour se disculper, et l'immersion eut lieu en présence d'un grand nombre de gens ; le P. Lebrun, qui cite d’autres exemples, rapporte encore qu'en 1700, plusieurs personnes demandèrent à être liées à la manière ordinaire, et que l'épreuve se fit dans un endroit profond de la rivière d'Armançon, devant plus de huit cents assistants”. Vers 1760, d'autres personnes furent jetées aux mêmes fins dans une fosse du Serain près de Lignyle-Châtel *.

De nos jours les eaux courantes servent à des consultations ameureuses, qui sont beaucoup moins fréquentes sur leurs rives que sur le bord des fontaines. En Poitou, quand on jette des feuilles dans un ruisseau, et que le courant les entraine sans les faire chavirer, on se mariera dans l’année‘. Dans nombre de localités de la Provence, les jeunes filles qui veulent savoir si elles auront bientôt un mari observent le même rite, et suivant que la feuille surnage ou coule au fond, elles en tirent des présages®. On pratiquait à Dijon au siècle dernier un singulier usage qui semble en contradiction avec le respect que l'on a habituellement pour les eaux courantes ; mais peut-être était-ce une offrande à la rivière. Le jeune homme ou la jeune fille en âge d'être

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