‹ Le folk-lore de FranceChapitre 326 sur 403 · Paul Sébillot. Litt. orale de l'Auvergne, p · texte numérisé non relu

Paul Sébillot. Litt. orale de l'Auvergne, p

3. Eugène Cordier, 1. c., p. 24 ; légende identique quaut au fond dans Bladé, |, C., p. 146.

Jière avait seule échappé. Longlemps après on entendit au fond du lac actuel de Brindos le son des cloches, et maintenant encore certains croient les entendre. L

. Dans les légendes qui suivent, il ne s'agit plus de villes entières, mais de châteaux, de couvents ou même de demeures plus modestes, qui sont aussi engloutis pour punir le mauvais cœur de leurs habitants. Un pauvre, qui probablement était Jésus-Christ, se présenta à la porte d'une belle maison où la femme était à enfournér, et il Jui -demanda un peu de pain ; la femme le lui ayant refusé, il la pria de lui donner quelque peu de pâle pour la faire cuire à la bouche du four. Elle y consentit, mais la pâte étant devenue une belle miche, elle la lui arracha des mains. Une servante qui blutait dans l’autre chambre, alla cuire à la dérobée un gâteau qu’elle lui donna, et le pauvre l'avertit de quitter ce logis, parce qu'il allait s’y passer de grands malheurs, mais elle ne tint pas compte de l'avertissement etse mit à rire. Il vit ensuite le berger qui, à sa prière, le laissa prendre un,.morceau à la cuisse de sa génisse, où la chair repoussa aussitôt, Quand il l’eut mangé avec le berger, celui-ci s'apprêtait à rassembler son troupeau pour le ramener à l’étable, lorsque le pauvre lui dit de n'en rien faire, et de s’abriler sous une aubépine avec ses bêtes, parce qu'un orage épouvantable allait fondre sur la maison. À peine le pauvre avait-il disparu, que l'orage éclata, et quand il fut fini, le berger vit que. l’eau avait enseveli la maison, en montant jusqu'au buisson, Alors il entendit, en passant auprès de la nappe liquide, la servante qui blutait, le coq qui chantait, les chiens qui aboyaient, et parfois encore, de dessous la fondrière insondable de Lagumiech on entend les mêmes bruits*. Une mare, à Saint-Jacques-La-Lande (Ille-et-Vilaine) qui, à ce qu'on assure, n'a point de fond, à englouti un château où vivaient des gens riches, mais avares et méchants; un mendiant, qui n'était autre que Jésus-Christ, vint y demander l'aumône, mais ayant élé durement éconduit, il prononca un mot: le château et tous ses habitants disparurent aussitôt dans un abime qui s'ouvrit’. Une tradition .ardennaise parle de nonnes qui ne sont pas plus charitables que les châtelains et les riches: Au temps où Jésus-Christ se promenait sur la terre, il se présenta sous la figure d'un pauvre vieillard, à la porte du couvent de Harricourt : « Passez votre chemin. lui répondirent durement les religieuses ; nous n’ouvrons pas aux coureurs de nuit. » Une servante, plus humaine, le fit secrètement entrer dans sa cellule et le restaura

1. Victor Montifor, in Bullelin de Biarritz-Associalion, août 1902, p. 136. 2. L. Dardy. Anthologie: de l'Albret, t. 11, p. 51-59. 3. J. d'Armont, in Rev. des Trad. pop., t. VIL, p. 210-211.

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