‹ Le folk-lore de FranceChapitre 329 sur 403 · Bizeul. De Rezé et du pays de Rais, p · texte numérisé non relu

Bizeul. De Rezé et du pays de Rais, p

4. Jehan de la Chesnaye, in Rev. des Trad, pop., t. XNI, p.u519!

dans une légende du Velay: Jésus-Christ étant venu prêcher l'évangile dans un bourg considérable de ce paysne fut accueilli que par une veuve qui n'avait pour tout bien qu'une chèvre. Un jour les Druides voyant que les prédications produisaient de l'effet, soulevèrent le peuple contre lui, et le Christ, poursuivi à coups de pierres, se déroba à grand'peine de leurs coups. Résolu à punir les païens, il dit à la femme de prendre ce qu'elle avait de plus précieux et de le suivre. Elle lui obéit, emmenant sa chèvre el emportant sa seille et sa selle à trois pieds, et ils arrivèrent sur un coteau. Alors, pendant que la femme trayait sa chèvre, la tempête se déchaïina, le sol s'ouvrit, et le bourg s’abima sous les eaux qui formèrent le lac du Bouchet. Comme elle se désolait, Jésus revint, et la conduisit dans le bois où il lui montra une chaumière semblable à la sienne et qui semblait préparée pour la recevoir ; la femme lui ayant dit qu'elle ne pourrait se désaltérer dans le lac, Jésus lui ordonna de soulever une pierre, et quand elle l’eut fait, elle vit jaillir une source limpide. Quelques-uns assurent que par un temps bien clair, lorsque les eaux ont une grande transparence, on aperçoit les ruines du bourg. Ce trait des maisons que l’on voit encore est commun à plusieurs légendes : Au XVIT° siècle, Chorier disait qu'on voyait encore des maisons à travers les eaux du lac de Paladru, qui recouvre la ville d’Ars, dont les habitants méprisaient les serviteuis de Dieu. Sur les bords du lac de Moras, en Dauphiné, où gît une ville coupable, un, monolithe, appelé Pierre Femme est une femme ainsi métamorphosée pour avoir, malgré les avertissements, jeté un regard en arrière ?.

Dieu n'avait pas ménagé les avertissements aux gens du Vieux Briouze, alors ville opulente, mais dont les habitants étaient très dissolus ; ils n’en avaient tenu aucun compte. Une nuit de fête, la terre s'ouvrit pour l'engloutir, et le lendemain les paysans d'alentour ne virent plus, à la place qu'elle occupait, que les eaux blafardes et clapotantes d'un marais sans fond*. L’étier de Langon, en l'Ille-et- Vilaine, a remplacé la grande et belle ville de Langueur, submergée en punition des crimes de ses habitants *.

D'autres récits d'engloutissements ne parlent plus de villes entières, mais d'édifices religieux, de hameaux ou même d'individus, punis dé leur impiété ou de leur désobéissance aux prescriptions eécclésias-

1. Velay et Auvergne, p. 3-8. Quelques anciens du pays savent où gisent sous la ronce, les trois pierres qui marquent le lieu d'où la veuve avait pu contempler le cataclysme : sur l’une avait été posée la seille, sur l’autre le banc, sur la troisième les pieds de la charitable femme.

2. Matériaux pour l'histoire de l'Homme, t. I, p. 161. Album dauphinois, t. I, p.71.

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