‹ Le folk-lore de FranceChapitre 331 sur 403 · A. Ducourneau. La Guyenne, t. I, p · texte numérisé non relu

A. Ducourneau. La Guyenne, t. I, p

et s'agenouiller. « Fouette ! fouette ! cocher ! » lui ceria la comtesse. Aussitôt disparaissent cheval, voiture, cocher et châtelaine. Un abîme s’élait ouvert, d'où une source jaillit. Depuis ce temps, chaque jour de Pâques, on voit sortir du milieu de l’eau les brancards d’une voiture : les anciens disaient qu'il n'était pas possible de trouver le fond de cette mare !‘. Une croix existait jadis au carrefour de la Croix Portière en Xaintré (Deux-Sèvres). Un jour le cocher d’un carrosse qui passait devant la salua respectueusement ; son maître ne voyant personne, lui demanda pourquoi il ôlait son chapeau, et quand le cocher le lui eut appris, it le traita d'imbécile ; aussitôt maître, cheval, et carrosse sont engloutis dans un gouffre dont la mare occupe la place. Le cocher seul est sauvé ?.

Dans les légendes qui suivent, c’est l'inobservation des jours fériés qui provoque la vengeance divine. Les habitants d'un village entre Barjol et Brignolles s'étant moqués de la fête de sainte Madeleine, un orage éclala, les ruisseaux se gonflèrent et l’eau sortit même de la terre pour engloutir la bourgade sacrilège ; à sa place est l’étang de Bras. Tous les ans pendant la nuit qui précède la Sainte-Madeleine, on entend distinctement les cris de douleur des malheureux qui y furent noyés, et qui sont condamnés à des peines éternelles’. Des gens de Besse, dans la même région, pressés par le temps, oublièrent.de célébrer comme de coutume la Sainte-Anne, et firent passer et repasser leurs chevaux surles gerbes mûres ; soudain l'aire se creusa en abîme profond et engloutit hommes et bêtes. Depuis, lorsque rien ne vient rider la surface du petit lac, des bruits de voix et des claquements de fouet montent de ses profondeurs“. Le lac de Lamaie, dans les Vosges, s'étend sur l'emplacement d'une métairié dont les habitants refusèrent de quitter leurs danses et leurs divertissements pour assister aux offices de la Pentecôte. En punition, le sol s'effondra ; un lac se forma, et, à l'anniversaire du châtiment, on entend les cloches sonner au fond de l'eau°. Une autre légende raconte cet engloutissement avec des détails différents. La jeunesse d'Allarmont avait l'habitude de s’arrêter, pour rondier avant l'oflice, sur une belle place de gazon. Un jour de Trinité que garçons et filles attendaient en vain le ménétrier, les plus audacieux se mirent à blasphémer de colère. Mais tout à coup un étranger parut, son violon à la main, et commença à en jouer de telle manière que tous ceux qui étaient là se mirent à danser d’une ardeur folle: Le

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