A. Chanal, Voyages en Corse, p
dame du Mas, qui était une fée très puissante, lança d'une voix Lerrible cette malédiction :
Du Mas,
Tu m'épias,
Tu périras,
Toi etton Mas, Puisque tu as
Vu ma patte d'oie.
À peine avait-elle tini de parler que le château s'abimait dans la terre avec Lous ses habitants et était recouvert par les eaux. L'emplacement qu'il oceupait jadis forme un étang dont personne n'a jamais pu sonder la profondeur. Quand on passe au point du jour sur ses bords, on entend le bruit d'une servante qui barattait, — d'autres disent d’un serviteur qui brayait du chanvre — dans les communs du château, au moment où il a été englouti, et qui continue sa besogne depuis des siècles, comme les habitants de la ville d'Is!.
La Brière, vaste terrain tourbeux qui couvre plusieurs milliers d'hectares aux environs de Guérande (Loire-Inférieure), était autrefois occcupé par un jardin el un château dans lequel se cachait un immense trésor. Un sorcier qui le convoitait suscita une tempête, l'eau monta, et le château fut détruit el remplacé par un marécage : mais le trésor poursuivi par le sorcier s'enfuit sous la forme d'un « Krapado » (nain) pour se blottir sous le dolmen du Crugo où il existe encore. Voilà pourquai on retrouve sous la Brière des troncs d'arbres qui attestent son origine première. D'après une autre version la Brière était autrefois une grande forêt. Un sorcier souleva une tempête et tout fut détruit, sauf un endroit appelé encore le Bois de l'Ile. Les habitants furent noyés ; il n'échappa au déluge qu'un taureau et une bonne sœur qui se réfugièrent sur la butte du Bois de l'Ile ?.
De nombreuses légendes racontent que des fontaines ont jailli aux endroits où lombèrent des objets lourds, et en particulier des marteaux lancés par des saints ou des héros ; beaucoup plus rares sont les actes de personnages discoboles qui provoquent l'apparition d'eaux slagnantes. Jusqu'ici ils n’ont été relevés que dans l'ile de Corse; le diable, mécontent de son travail, jeta son marteau du haut de la Stazzona del Diavolo, ou dolmen de la forge du Diable, dans la plaine de Taravo. Le marteau tomba à un millier de mètres de là, et produisit en s'enfoncant dans la terre, un petit étang que l'on appelle quelquefois Slagno del Diavolo ; les gens du pays disent que cet étang diabolique
1. Léo Desaivre. Notes sur la Mélusine. Poitiers, 1899, in-8, p. 28-29. D'a. M. Michel ; le château du Mas est en Anjou, 2. Henri Quilgars, in Revue des Trad. pop., t. XIV, p. 271.