GÉANTS ET FÉES CRÉATEURS DE LACS
conué!.Le lac de Genève est l'œuvre de Gargantua, qui le créa pour faciliter la sortie du Rhône ?: des fées qui l'habitaient autrefois formèrent le lit du vaste étang de Huelgoat (Finistère) ; d'autres fées, en punition d’une désobéissance à leur supérieure, furent condamnées à creuser en une nuit l'étang de Graphard, en Ille-et-Vilaine. Dans un conte facétieux du même pays, une fille naïve, ayant cru que son confesseur lui défendait d'uriner pendant quinze jours, s’accroupit au bout de ce temps, et se soulagea pendant trois heures au pied du château de Combourg ; toutes les pierres du coteau roulèrent dans l'étang et formèrent le barrage qu'on voit encore aujourd'hui‘. Dans le Jura, c’est le diable auquel une belle dame promet de se livrer s'il creuse le bassin d'un lac dans un temps déterminé ; Satan acheva la belle pièce d’eau de la Grange à la Dame ; mais quand il s'approcha pour saisir sa proie, elle le fits'enfuir en lui marquant le front d’un signe de croix”. En Corse, le lac de Cinto doit son origine à la baguette d’une fée qui, pour désaltérer un roi mourant de soif sur la montagne, en frappa un gros rocher, d’où jaillirent les sources abondantes qui l'ont formé et l’alimentent .
La malédiction d'une fée, suivant une légende, a donné naissance à un étang. Autrefois, Le château du Mas appartenait à un puissant seigneur qui, après une absence de plusieurs années, reparut sans qu'on sût d'où il venait, ramenant avec lui une belle jeune femme qu'il avait épousée aux pays lointains. Elle portait toujours des robes si longues que personne, même son mari, ne pouvait se vanter d'avoir vu ses pieds. Ge n'est du reste qu'après avoir juré solennellement de ne jamais chercher à les voir, qu'il avait pu devenir son époux. Il vécut très heureux jusqu'au soir où, au mépris de ses serments, il profita du moment où sa femme préparait sa toilette de nuit dans un cabinet voisin, pour se hâter de prendre place dans le lit conjugal, après avoir recouvert d'une épaisse couche de cendres les marches de l'estrade sur laquelle était posé le lit. La dame entra bientôt dans la chambre ; à l'instant où elle posait le pied sur la première marche, elle se rejeta brusquement en arrière en poussant un grand cri: un charbon ardent, caché sous la cendre, l'avait brûlée Un autre cri avait répondu au sien ; son mari avait vu, imprimée en creux sur la cendre, la trace d’une patte d'oie. Emportée par la colère et la douleur, la