‹ Le folk-lore de FranceChapitre 338 sur 403 · Alexandre Bouët. Breiz-lzel, t. 1, p · texte numérisé non relu

Alexandre Bouët. Breiz-lzel, t. 1, p

5. A. Certeux, in Revue des Trad. pop., t. VI, p. 620. 6. Bouillet. A/bum auvergnat, p. 20.

de Munster'. Saint Martin ayant trouvé la vallée de Sampigny barrée par une chaussée de granit et noyée par les accumulations des eaux de la Cuzanne, tira son épée, et fendant le roc d'un seul coup, tailla un passage par lequel le lac se vida ?.

À la place du cratère de Bar, il y avait un lac, déjà tari du temps de l'occupation romaine. Les habilants du Forez se seraient plaints, suivant la tradition, des orages qu'il déversait sur leurs terres, et ils seraient venus le déssécher avec du vif argent *. Ce moyen qui rappelle la croyance du pays bessin, d'après laquelle un peu de mercure jeté dans une mare fait filtrer l’eau dans le sein de la terre“, fut aussi employé dans le Beaujolais, région peu éloignée du Forez, par une fée qui voulait se venger des gens d'Ouroux ; lorsqu'on en eut jeté dans l'étang d’Avenas,'la digue se rompit el engloutit la cité‘. Ce n’est pas le seul usage de procédés modernes que connaisse la légende. Les vieillards du Puy-de-Dôme racontaient que la plaine du Livradois ne formait autrefois qu'un grand lac. On fit sauter au moyen de mines chargées à poudre, les gigantesques rochers de la Tour Gouyon: au moment où le lac fut débondé, il se produisit un torrent furieux, et les eaux se précipitèrent à travers l'issue avec un tel fracas qu'on l’entendit à trois lieues à la ronde‘.

En Franche-Comté où des parallèles de la légende d'Héro et Léandre sont populaires sur plusieurs points de la Loue, on dit que l'amoureux s'étant noyé en allant voir la châtelaine, celle-ci pour retrouver son cadavre fit percer la montagne qui formait digue et faisait un lac de la partie du bassin de cette rivière que l’on appelle aujourd’hui le Val d'Amour à cause de cette tragique aventure’. Dans l'Aude une femme légendaire amena le desséchement accidentel d'un pelit lac: une reine Blanche habitait le château de Puivert, alors entouré d’un vaste étang. Quelquefois les eaux grossies par les orages envahissaient un trône de marbre situé au bout d’une jetée et sur lequel la reine se plaiser à rêver. Elle fit percer à une certaine profondeur l'immense roche qui retenait le lac captif, pensant que le trop plein s'écoulerait par cette ouverture et laisserait le lac au même niveau. Mais le rocher céda à l'énorme pression des eaux qui s’engouffrèrent dans la gorge de la vallée et engloutirent les seigneurs et la reine elle-

. Morel-Retz, in Revue des Trad. pop., t. VI, p. 387.

. J.-G. Bulliot et Thiollier. La Mission de saint Martin, p. 165.

. George Sand. Jean de la Roche, p. 13.

. F. Pluquet. Contes de Rayeux, p. 43.

. Claudius Savoye. Le Beaujolais préhistorique, p. 173.

. Abbé Grivel. Chroniques du Livradois, p. 119.

. Ch. Thuriet. Traditions de la Haute-Saône et du Jura, p. 295-296 ; cf. la p.365 du présent volume.

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