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Ceresole. Légendes des Alpes vaudoises, p

Ces richesses ne sont pas faciles à extraire de l'endroit où elles se trouvent, et il est nécessaire, pour elles comme d’ailleurs pour la plupart des trésors, d'observer certaines conditions et surtout de garder un silence profond. On ne pourra prendre le tonneau plein d'or et d'argent qui gît dans un marais près de l'étang de Bossac, en Pipriaec, qu'en attelant dessus quatre bœufs d'une blancheur immaculée ; de plus le bouvier ne devra proférer aucune parole avant d'être sorti du territoire de Bossac. Jadis un homme s'était procuré ces quatre bœufs el les avait attelés sur le précieux tonneau. Excitées du gesle et de l'aiguillon les bêtes firent leur service comme à la charrue, et l’homme voyait déjà le trésor glisser sur la vase et venir à lui, lorsqu'il ne put retenir un cri de joie ; un bruit de chaines se fit entendre, les roseaux s'agitèrent d'une façon surprenante, et le tonneau recula, malgré la résistance des bœufs et les efforls désespérés du maître. Bientôt tout disparut dans l’abime. Depuis on voit l'ombre attristée du pauvre homme qui, par certaines nuits, erre sur les bords de l'étang et pleure sa fatale imprudence!, Unesorte de timon de voiture, qui devait entrainer à sa suite un chariot rempli d'or, émergeait parfois d'un petit lac, au sommet de la: Montagne d'Ormont. Il était aussi nécessaire, pour l'en tirer, d'avoir deux bœufs blancs de forte encolure, et pendant le trajet on ne devait proférer aucun jurement?. Il est dangereux de faire sortir du lac de Saint-Andéol les poutres qui s'y trouvent ; un homme en ayant placé quelques-unes sur sa charrette, un craquement se fit entendre, et une force mystérieuse imprima un mouvement de recul aux bœufs qui faillirent disparaitre sous les eaux *.

Suivant une croyance du pays, si l'on pouvait atteindre avec un morceau de pain bénil une touffe d'herbe qui se trouve au milieu de l'étang du Lou-du-Lac (Ille-et-Vilaine), toutes les cloches du canton se mettraient à sonner.

Un grand nombre des lacs formés à la suite d'une punition divine sont réputés sans fond, et l'on raconte, ainsi qu'on l'a vu, que les plus grandes perches, les plus longues cordes ne parviennent pas à atteindre le sol vaseux ; mais d'ordinaire cet acte est sans danger pour ceux qui l'accomplissent, et il ne provoque pas des prodiges comme ceux dont fut témoin un villageois qui s'aventura un jour jusqu'au milieu du lac du Bouchet pour en sonder la profondeur : il employa pour cela une marmite attachée à une corde prodigieusement longue ; mais quand il la retira, elle était pleine de sang; d’autres disent qu'elle était rouge

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