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PRÉSENTS ET PROCESSIONS

croit habitées par des êtres vivants ; on à vu que, parmi les offrändes faites au lac de Saint-Andéol, figurent du pain, du fromage et des gâteaux. Au milieu du XVITE siècle, Pierre Métayer, curé de Saiat-Cyr en Talmondois, dans son sermon contre les sorciers, signalait l'usage que pratiquaient ses ouailles d'aller porter au bouc vert de l'abreuvoir de Valençon la tête d'une poule blanche avec trois oignons de la même couleur’. Dans la région des Pyrénées, on lance encore dans les étangs et les lacs des aliments, des étoffes, des pièces de monnaies ?. En Limousin les pèlerins jettent des effets et des présents divers dans l'étang de Surjadis *

De même que les fontaines et les rivières, les lacs étaient sacrés pour les Gaulois, et des témoignagnes écrits attestent le culte qui leur était rendu. Avant l'invasion romaine, les Tectosages allaient jeter de loc et de l'argent dans un lac, situé près de Toulouse et dédié à Apollon, et au IV® siècle les peuples voisins d'un lac près du Mont Helanus, au pays des Gabali, venaient tous les ans y lancer les uns des habits d'hommes, du lin, des draps, des toisons entières, les autres des fromages, de la cire, des pains et diverses choses, chacun selon ses forces et ses moyens‘. Des présents analogues sont encore faits au lac Saint-Andéol dans la Lozère, à peu de distance de celui que signale Grégoire de Tours, lors d'un pèlerinage qui a lieu en été, le deuxième dimanche de juillet

Lorsque les Gaulois s'adressaient aux génies des eaux dormantes, ils espéraient se concilier leur bienveillance pour leurs personnes et pour leurs biens ; mais ils croyaient aussi vraisemblement se mettre à l'abri des calamités qui auraient accablé les pays situés au-dessous si les digues naturelles qui retenaient les eaux étaient venus à se rompre. Des cérémonies destinées aussi à prévenir des malheurs ont sans doute remplacé, après l'établissement de la nouvelle religion, les observances païennes, auxquelles les gens du pays étaient trop atlachés pour qu'il fût possible de les supprimer. La coutume suivante, constatée au commencement du XVII siècle en Savoie, remontait peut être à des époques très lointaines : Deux paroisses voisines bénissent tous les ans le lac Beniot qui est dessus une montagne du côté de Bonneville, pour être préservés de son inondation. C'était dans le même but que le clergé faisait une procession annuelle autour du petit lac

Léo Desaivre. Le monde fantastique, p. 15.

A. de Nore. Coutumes, mythes, etc., p. 127.

L. de Nussac. Les Fontaines en Limousin, p. 10. Alfred Maury. Croyances et légendes du one âge, p. 5. . Grégoire de Tours. Gloriu confessorum, ch. 11; D' Prunières, in Mémoires de lo ‘Société d'Anthropologie, t. IL, p. 355.

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