‹ Le folk-lore de FranceChapitre 391 sur 403 · Coulon. Rivières de France · texte numérisé non relu

Coulon. Rivières de France

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vosgien de la Maix qui, d'après la tradition, crévera un jour et inondera la vallée‘. En Provence ces cérémonies étaient destinées à empêcher, non pas l'irruption de l’eau, mais celle du feu, et peut-être était-ce un souvenir des volcans dont les lacs ont parfois rempli les cratères. Les habitants de Bras avaient été avertis que si, le jour Saint-Marc, ils oubliaient jamais de processionner autour de l'étang, des flammes sortiraient de l'eau et viendraient les griller ; un lac des environs de la Roquebrussanne aurait pu vomir des flammes si on avait négligé de le bénir à une certaine époque de l’année ?.

Les riverains des lacs et des étangs pensent qu'il faut se garder d'y rien jeter, sous peine d'’irriter les esprits qui les habitent ou d'exciter des orages. Cette croyance qui est ancienne, el se retrouve dans un grand nombre de pays, avait été relevée au XIIL siècle par Gervaise de Tilbury, à propos d'un lac de Catalogne qui passait pour ètre la résidence de démons”, et elle est constatée au seizième siècle par Belleforest. « En vn certain Lac, qui est entre noz monts Pyrénées, si quelqu'un iette une pierre, il ne faudra de veoir bientost, apres auoir ouy vn estrange bouillonnement dedans le creux de cest abysme, des vapeurs et des fumees, et puis des nuages épais, et apres l'espace de quelque demie-heure c'est merveille des tonnerres et esclairs, et de la pluye qui s'esmeut de ceste esmotion faile en l'eau qui est cause que le pauvre peuple pense que ce soit une gueule d'enfer “. » Si l'on jetait une pierre dans un lac très profond, près de Besse en Auvergne, au sommet d'une montagne, il en sortait des éclairs, de la pluie et de la grêle *. Les étangs ou Gorchs de Nohèdes dansles Pyrénées-Orientales ont élé de tout temps redoutés des paysans, et quelques-uns n'en approchent avec la plus grande réserve. Ils se gardent bien surtout d'y lancer des pierres, car ils sont persuadés que l'orage en sortirait aussitôt ; la même croyance s'attachait aux trois petits lacs des monts Saint-Barthélemy, dans l'Aude, au fond desquels habitaient des démons f. Au X VITE siècle, l'étang de Tabe devenait furieux et produisait la foudre, et maintenant on dit qu'un génie terrible demeure dans ses profondeurs. Ceux qui parcourent ses bords ne doivent prononcer que de chastes paroles, et surtout se garder de troubler les eaux en y jetant des pierres. On a vu, quand des voyageurs oubliaient les avertissements de leur guide, un orage affreux envelopper la montagne, et quelquefois

. Magasin piltoresque, 1853, p. 235.

. Bérenger-Féraud. Reminiscences populaires de la Provence, p. 305, 306. . Olia imperialia, p. 211.

. Les dix histoires prodigieuses, 1581, p. in-12, p. 336.

. Meruia. Cosmographia, (1614), ch. X.

. Vidal. Guide du Roussillon, p. 395; la Mosaïque du Midi, 1831, p. 228,

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