‹ Le folk-lore de FranceChapitre 42 sur 403 · L'Intermédiaire, 7 février · texte numérisé non relu

L'Intermédiaire, 7 février

. Paul Sébillot. Légendes de la Mer, t. 1, p. 301. . Bérenger-Féraud. Superslilions et survivances, t. II, p. 7.

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qu'elle est vivante au-dessous des flots ; car il en sort quelquefois des bruits de cloches, et on y entend même tirer le canon, circonstance qui est due à un phénomène d'acoustique dont l'explication, assez simple pourtant, échappe aux gens du voisinage ; elle est peu distante des endroits où la flotte de la Méditerranée vient faire ses exercices à feu !.

Le trait des cloches dont le carillon semble partir du fond des eaux est commun à plusieurs villes légendaires, maisles marins en entendent d’autres qui sont tombées à la mer dans des circonstances différentes. Celles du Port-Blanc, enlevées jadis par les Anglais, el qui, malgré eux, se précipitèrent dans les flots au large des Sept-Îles, sonnent au fort de la tempête : c'est le signe qu’elle sera de longue durée ;ilen est de même de celle de Saint-Gildas, volée par les Anglais avant la Révolution, qui git sous la mer avec le navire que le saint fit couler, et de celles de la ville d'Is ?. |

À Jersey, le son de cloches englouties autrefois présage aussi du gros temps ; elles faisaient parlie du beau carillon que possédaient chacune des douze paroisses de l'ile : au cours d’une longue guerre civile, les Etats les vendirent pour être expédiées en France, mais le navire qui les portait coula. Depuis, quand souffle la tempête, elles ont toujours sonné dans les profondeurs de l'abime. Naguère encore, les pêcheurs de Saint-Ouen avant de s'embarquer, allaient au fil de l'eau écouter si le vent ne leur apportait pas le son des cloches, et s'ils l’entendaient, ils se gardaient bien de sortir *. Sur les côtes de Chiratz (Charente-Inférieure), surtout pendant les nuits d'orage, les tintements d’une cloche appelaient à un office nocturne des moines et des fidèles qui se glissaient sous la mer pour y assister . Dans les mêmes parages, on voyait autrefois, lors des grandes marées, la grosse cloche de la ville de Chatellaillon : un jour or y attela tous les bœufs du prieuré de Saint iomuald, et il fut convenu que sur un signe, « les bistrauds » feraient partir leurs bêtes : tout allait bien, lorsqu'un bœuf ayant faitun écart, un conducteur jura le nom de Dieu, et la cloche disparut®.

1. Albert de Larrive, in Rev. des Trad. pop., t. XVI, p. 185. 2. Paul Sébillot. Légendes de la Mer, t. 1, p. 206: t. Il, D'218 3. W. Jones. Credulilies, p. 405.

&. G. Musset. La Charente-Inférieure avant l'histoire, p. 140, ss PaulSébilot, Lit Dep:206.

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