‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 109 sur 281 · Le Temps, 23 avril · texte numérisé non relu

Le Temps, 23 avril

Les matelots normands prétendaient jadis que les harengs avaient déserté leurs côtes depuis le départ de Napoléon, (i).

D'après une légende de la Cornouaille,un pêcheur ayant remis à Peau un merlus qu'il avait fouetté, on ne vit jamais plus de ces poissons. Lough Suille, baie de la côte de Donegal, était jadis le grand centre de l'industrie des harengs ; au commencement de ce siècle les sorcières d'Ecosse, qui possédaient un pouvoir supérieur à celles d'Irlande, charmèrent ces poissons et les firent aller dans les baies d'Ecosse. Une nuit que les pêcheurs étaient à leur besogne, comme d'habitude, et qu'il faisait calme, on vit se précipiter dans la baie un hareng d'argent qui glissa avec rapidité au milieu des bateaux; partout où il passait, il était suivi par des multitudes de poissons, et lorsqu'il les eut tous entraînés à sa suite, il sortit de la baie en poussant un rugissement semblable au bruit d'un ouragan très violent. Les pêcheurs, muets d'épouvante,

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