W. Jones, p
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en se rendant au lieu de pêche ; si l'on parle à un pécheur, on est cause qu'il ne prend pas de poisson, (l;. Les pêcheurs suédois ont la même superstition ; lorsqu'ils sont en. route pour leur bateau, il ne faut pas leur adresser la parole, ni dire devant eux où quelqu'un a pris beaucoup de poisson.
Ceux de Saint-Malo v.t ceux d'Angleterre n'aiment pas qu'on leur demande où ils vont. En Ecosse,lerèchcurauquel on adresse cette question ne s'embarque pas, persuadé que ce jour-là il ne prendra rien, ou qu'il lui arrivera quelque méchante aventure.
Quelquefois il répondait à lindiscret : « Que ie diable coupe ta méchante langue î >■ A î^ortessie, il y avait des pêcheurs qui, en pareil cas, frappaient jusqu'au sang* l'indiscret, pour détourner la mauvaise chance qui devait suivre cette demande. (2). En Haute-Bretagne, la question est surtout mal venue quand c'est une femme qui la fait.
1 TuRNKR, S;uno.i. p. 3'i9.
2. \V. Jones 1. c. p. 111, p. 117. W. GRECioa. ycitHiiii /, p. 199; in F^lU-Lore JournaU t. iv.p. 12.
En beaucoup de pays de France, les pêcheurs, comme les chasseurs, détestent qu'on leur souhaite « bonne chance ». Ceux de Suède regardaient ce souhait comme d'un détestable augure ; sur la côte du Morbihan, ils croient qu'en leur disant ces mots, on leur enlève le poisson. Dans le Mentonnais, ces paroles sont aussi interdites ; il vaut mieux ne pas parler ; toutefois on peut dire : « Dieu t'en envoie ! » (1) A Cockenzie (Ecosse) lorsqu'un étranger souhaitait le bonjour à un pêcheur qui allait s'embarquer, celui-ci considérait ce mot comme un mauvais présage, et restait chez lui toute la journée. (2).
En Haute-Bretagne les pêcheurs croient qu'en les regardant avec insistance, on leur enlève la chance.
Si un pêcheur de la côte de Tréguier voit, au moment de partir pour la pêche, un tailleur, il rentre chez lui, persuadé que