MÉTÉORES ET APPARITIONS
le lendemain les vents leur seraient favorables, et qu'ils pouvaient se préparer & partir. Elle Jeur donna un écheveau sur lequel il y avait des nœuds, et leur recommanda de les conserver avec soin. Le lendemain matin, le vent devint favorable»
et les pêcheurs retournèrent facilement chez eux. Ils eurent alors la curiosité de défaire un des nœuds : le vent fraîchit ; peu après, ils en défirent un second, et le vent se mit à souffler plus fort. Pour voir si les nœuds avaient vraiment du pouvoir^ ils défirent le troisième. Alors le vent se déchaîna et le bateau fut forcé de retourner à Jarbetness, d'où il était parti le matin. A Portessie, village de pêcheurs sur la côte du Banfifshire, on croyait que le premier nœud devait être défait au moment où Ton se mettait en route, le second au milieu du voyage. Si Ton dénouait le troisième, jamais on ne revoyait son pays (1).
1 W. Grbgor, in Revue des Tnd. pop,, t. xii, p. 381.
Lorsqu'il fait cal me. les pêcheurs italiens, surtout ceux de Naples, prennent leur bonnet et, l'ayant ouvert, ils le tiennent d'une main, en criant : San Antonio di Padua, venile qui! et, avec l'autre main, ils font le geste de mettre quelque chose dans le bonnet. Ils crient, en faisant les mômes gestes: San Gennaro, veniie qui. Puis quand ils ont appelé une douzaine des saints les plus révérés, ils ferment le bonnet en lui donnant la forme d'une sorte de sac, et le frappent de toute leur force avec un bois quelconque sur le bordage du bateau.
Quand ils ont suffisamment cogné les saints qu'ils ont enfermés dans le bonnet, ils jettent celui-ci à la mer en criant :
Andaieal diavolo (1).
A bord des bateaux pêcheurs du nord de l'Ecosse, l'apparition du feu Saint-Elme est redoutée ; on croit que ceux qui le voient ne reviendront jamais à terre, ou qu'ils éprouveront quelque malheur. D'autres