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cément à poser le pied sur la fragile toiture qui s^écroule sous son poids. Ils construisent parfois plusieurs attrapes l'une à côté de l'autre, afin d'être plus sûrs de prendre ceux qu'ils veulent y faire tomber Pour les attirer au milieu de ces pièges, ils courent au milieu en faisant mine de se sauver. Quelquefois le fond contient des excréments placés tout exprès.
Surle sable mouillé,ils creusent de grands trous, où l'eau forme une espèce de mare ;.
ils la saupoudrent de sable sec, qui reste au-dessus de Teau ; quand il n'y a pas de vent, la mare a l'aspect du sable d'à côté, et l'on tâche de faire les naïfs y poser le pied. Dans les Asturies, les petits pêcheurs font des fosses analogues, qu'ils appellent la irampa, le piège (1).
Des courses ont aussi lieu sur le rivage r sur les grèves du Légué, les coureurs sont en caleçon, et il y a des obstacles à franchir, qui se composent d'un talus avec mn
1 Braulio Vigon, 1. c, p 21.
fossé. Ceci est probablement une imitation des courses de chevaux.
Les enfants s*amusent aussi à piétiner dans le sable qui enfonce^de manière que le plus adroit se retire de cette espèce de bourbe. Ils se lancent aussi de la vase à la figure, et vont se laver ensuite à la mer.
Ils tracent parfois sur le sable Timage d'un bateau qui a la proue tournée vers l'eau ; ils modèlent les bordages avec du sable, et construisent des bancs à rintérieur. Lorque la mer monte, ils ■entrent dans ce bateau et font mine de ramer avec des pelles ou des morceaux de bois, jusqu'à ce que la mer, ayant démoli les bordages de sable, vienne leur mouiller tes jambes. Les petits pêcheurs asturiens pratiquent des trous dans le sable, auxquels ils donnent la forme de bateaux; les bords sont faits avec le sable tiré du creux. Lorsque la marée monte, ils entrent dans •ces embarcations imaginaires et imitent les manœuvres que font les hommes à bord, jusqu'à ce que la mer ait détruit leur
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œuvre. Ils disent alors que la barque a coulé à fond (1;.
Les petits pécheurs dessinent souvent sur le sable avec la pointe d'un couteau ou rextrémité d'un bâton des navires avec leur voilure, presque toujours de pro£l.
Au-dessous ils tracent diverses inscriptions. Voici la plus ordinaire :
Bon yojrage, Ne fais pas naufrage;
Sur les rochers, Prends garde de te jeter, Car ils pourraient te défoncer.
Jadis c'étaient les mêmes paroles qu'on adressait aux grands bateaux lorsqu'ils faisaient leur première course,ayant à bord un prêtre qui les bénissait à la sortie du port. Les enfants asturiens tracent sur le sable, avec le bout d'un bâton, des navires avec toutes leurs voiles et leurs manœuvres, avec réquipage à son poste, et prêt à manœuvrer. (2) Les petits pêcheurs
i et 2. Braulio Vi&on, 1. c, p. 21.
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bretons construisent aussi sur le bord des mares des ports en miniature ; ils y font entrer leurs bateaux, puis ils jettent des cailloux au milieu de la mare, pour simuler des écueils, et ils essaient de faire passer leurs bateaux auprès sans les heurter.
Quelquefois plusieurs enfants se font ensemble enterrer dans le sable. Au Légué ce jeu s'appelle : s'enterrer vivant. A Pléhérel (Côtes-du-Nord), le jeu qui consiste à enterrer dans le sable porte le nom de « Sauve mon château. » Il n*y a aucune formulette préparatoire, et on n'en dit pas pendant l'opération. Mais on équille avec des boises (on tire à la courte-paille) pour savoir qui sera encavé. Aux îles Andaman, à l'autre extrémité du monde et chez une des peuplades contemporaines les moins avancées en évolution, les jeunes indigènes se font enterrer dans le sable jusqu'au cou ; mais comme ici l'imitation de la cérémonie des hommes est plus réelle, sur Tenfant enterré on allume quelques morceaux de bois. L'incinération est usitée dans l'archipel. Lorsque l'enfant a
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assez de ce jeu, il fait un effort, et sort du trou où il est remplacé par un autre (1).
Au jeu d'enterrement se rattachent les carrés en forme de tombe, où Ton enterre parfois des mouches ou des crabes. Sur le haut de la tombe, on dispose en croix des coques, et on entoure aussi le carré de coquilles^ à rîmitation de ce qui a lieu dans les cimetières de la côte.
Voici comment se pratique le jeu de chercher le bâton. On prend un morceau de bois long- de deux ou trois centimètres ; ceux qui sont les maîtres du jeu le piquent dans le sable, et ont le droit de frapper trois coups pour l'enfoncer ; celui que le sort a désigné pour être le patient souffle trois fois dessus ; s'il ne le découvre pas, il faut qu'il tâte le sable avec le nez jusqu'à ce qu'il ait senti le bâton. Alors il le ramasse avec les dents, non sans manger, comme bien on pense, un peu de sable.
1 Journal of Anthropologic&l ïnstitute^ t. XII, p. 388.
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On a déjà vu que les petits pêcheurs dessinent des bateaux ou en façonnent les bordages avec du sable ; ce ne sont pas leurs seuls essais dans l'art du dessin.
Lorsqu'ils ont de la vase grasse, ils modèlent do leur mieux, généralement un peu avant l'arrivée de la mer, une tête d'homme.
Souvent ils la surmontent d'un chapeau en papier ou d'un bernis (patelle) ; alors elle représente un gendarme, et ils s'amusent à voir la marée ronger peu à peu le gendarme.
Pour avoir leur portrait en creux, les enfants se mettent la tête dans le sable ; le moule reproduit grossièrement la forme d'une tête. L'empreinte des mains est plus nette. Ce jeu est analogue à celui pratiqué dans le même pays, lorsqu'il y a de la neige. On se laisse tomber tout droit, les bras élevés au-dessus de la tête ; parfois, mais plus rarement, les bras sont en croix comme dans les Vosges, et dans plusieurs autres pays du Nord. Dans les Asturies, les petits pêcheurs se jettent sur le sable, les bras en croix, leur chute produit
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rimage d'un crucifié ; ce jeu s'appelle :
hacem Cristos, faire des Christs (1).
Sur la côte de la Manche,lorsque le sable est mou et qu'il conserve bien les empreintes, le plus grand de la bande marche dans le sable à longues enjambées ; il faut que ceux qui le suivent mettent exactement leurs pieds dans ses empreintes.
Les enfants s'amusent à simuler des pêches ; ils attachent un morceau de bois au bout d'une corde et tirent dessus comme s'ils avaient réellement pris un poisson
Les poissons qu'ils peuvent prendre leur servent à des amusements. Ils font marcher sur le sable les crabes, les mirutrds (pieuvres) et les encornés ; puis, quand ils sont lassés de ce jeu, ils les tuent. Lorsqu'ils assomment un minard, ils disent :
Un minard de tué.
Un louis d'or gagné I
parce que la pieuvre détruit beaucoup de poissons.