LE RETOUR ET LA VENTE DU POISSON
poisson nouvellement péché. Parfois elles charment leur longue route, dix, douze, quinze et vin^ milles, en chantant. Dans les villages le poisson est acheté à prix d'argent ; mais dans les fermes, on l'échange contre de la farine, des pommes de terre, des navets, et même, si on donne de Fargent, on ajoute toujours quelque chose. Souvent la hotte est plus lourde quand on revient du village que lorsqu*on en part (1).
Il y a une trentaine d'années, des femmes que Ton appelait << Gascarottes » partaient, à chaque marée, de Ciboure ou de Saint-Jean-de-Luz (Bacses-Pyrénées) pour aller vendre à Bayonne, à vingt kilomètres de là, les sardines et les anchois. Elles les portaient dans des paniers posés sur leur tête, et elles accomplissaient leur voyage, au pas de course, en chantant des airs traditionnels qui rhythmaient, pour ainsi dire,leurs pas. A leur arrivée en ville, elles criaient la sardine et Tanchois frais ; d'après