A. PiNAnr, iii flei'. d'Anthropologie, t. ii
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cordé à un petit nombre — environ une douzaine pour toute la tribu — qui héritent de ce privilège. On connaît pourtant des exemples de gens qui Tout acquis par leur mérite. Huit ou neuf hommes choisis par le harponneur forment l'équipage de son canot. Plusieurs mois avant le commencement de cette pêche, ces hommes sont forcés de s'abstenir de leur nourriture habituelle ; ils vivent séparés de leurs femmes, se lavent le corps, le matin, le midi et à la nuit, et se rougissent la peau avec de petites branches, ou avec une pierre rugueuse. Si un canot est endommagé ou coulé par une baleine, ou si quelque accident arrive pendant la saison de la pêche, il est attribué à quelque pêcheur de l'équipage qui a dû manquera ces préparations, et une enquête sévère est faite par le chef de la tribu. Les témoignages sont examinés, et une investigation est faite dans les affaires domestiques et les habitudes des personnes accusées. S'il apparaît quelque circonstance suspecte, le coupable est fortement réprimandé, et souvent il est privé
de son rang et il est mis au ban pendant plusieurs mois (1).
Dans TAlaska, de nos jours encore, cette pêche est revêtue d'un caractère à demi religieux par une série de cérémonies compliquées et de pratiques préalables. Les propriétaires des bateaux portent des ornements particuliers et les équipages sont soigneusement choisis à l'avance (2).
Certaines peuplades, pour s'assurer de la chance à la pêche de la baleine, revêtent des costumes spéciaux. Les Groenlandais y allaient avec leurs plus beaux habits ; car, disaient leurs jongleurs, si quelqu'un avait des habits sales, ou qui eussent touché par malheur à quelque corps mort, la baleine s'échapperait, ou, fût-elle morte, ne reviendrait plus sur Teau. D'après Eggede, qui rapporte la même coutume, si les pêcheurs ne prenaient pas leurs plus beaux vêtements comme pour une noce, la baleine, qui ne peut souffrir la malpropreté, s'enfuirait devant eux. Sur la côte