‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 241 sur 281 · J. MuRDOCK, in Revue scientifique^ 4 nov · texte numérisé non relu

J. MuRDOCK, in Revue scientifique^ 4 nov

Au siècle dernier, à Madagascar,lorsque le chef de la pêche revenait au rivage, il était reçu à bras ouverts, et Tun des noirs le prenait et l'emportait sur ses épaules.

11 y avait une autre cérémonie qu'un voyageur décrit ainsi : Un de la troupe se détacha, s'avança contre la baleine, Toignit en la frottant avec de l'huile et lui étendit sur le cou une espèce de collier, fait de morceaux de cristal ou de verroteries ; cet homme revient ensuite, reprend sa place ; il se fait un grand silence ; alors un de la troupe prend la parole et prononce un discours sur la pêche qui vient de se faire ; il commence sans doute en appelant Dieu à son secours, car il crie trois à quatre fois : Dieu ! Dieu ! Dieu, continue-t-il, est bon parce qu'il permettait que Ton prît des baleines ; que le diable au contraire était mauvais, parce qu'il faisait tous ses efforts pour empêcher qu'on en prît ; que les baleines étaient une bonne chose, que c'était, une grande marque de la bonté de Dieu d'en avoir pris, parce que tel ou un tel

(qu'il nomme) n'avait pu en prendre. » Ici l'orateur fit l'éloge de celui qui avait pris la baleine ; c'était, selon lui, un homme d'un très grand esprit et de grand savoir, pour avoir été capable de prendre un animal si gros et si mauvais, et qu'il fallait que les drogues dont il s'était servi eussent bien du pouvoir entre ses mains . L'orateur conclut que Dieu était cependant la première cause de la prise de la baleine ; qu'il était juste de lui offrir de cette pêche, puisqu'il était si bon ; qu'il fallait aussi en offrir au diable pour tâcher de Papaiser et de se le rendre favorable pour une autre pêche. Le sermon finit enfin, et le prédicateur le termine en disant aux assistants : u Prenez tous , puisque Dieu est bon. » Il ne' fallait pas le répéter; les enfants, en assez grand nombre, se jetèrent sur le repas, qui fut pillé en un clin d'œil(l).

Les Indiens Classet se coupent le nez

1. L. Gentil. Voyage dans les mers de Vlnd€y 1761 et 1769. Paris, 1781, t. il, p. 561, cité dans Mélusine^ t. m, col. 205.

quand ils ont pris une baleine. Lorsque les Malgaches ont capturé un baleineau, ils s'excusent auprès de la mer, en invoquant la faim et la nécessité (1).

Chez certaines tribus du littoral de la Côte d'Or, quand un cétacé échoue sur la plage, de grands malheurs menacent le pays, car ces mammifères marins sont un ancien peuple que la mer a englouti (2).

On dit à Magellan qu'il y avait dans certaine partie de l'Océan des oiseaux noirs semblables à des corbeaux qui, lorsque la baleine paraît à la surface de l'eau, attendent qu'elle ouvre la gueule pour se jeter dedans et vont directement lui arracher le cœur, qu'ils emportent pour s'en nourrir (3).

1. LuBBOCK, L'homme avant l'histoire, p. 422 ; Dict. des sciences anthropologiques.

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