‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 242 sur 281 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

§ I. — Contes et légendes.

Après avoir été Tune des principales occupations des peuplades primitives , la pêche constitue encore l'industrie de plusieurs millions d'individus ; et dans certaines contrées, comme les îles de la Polynésie, elle fournit aux indigènes une parlie considérable de leur alimentation.

Il semblait naturel de penser que les légendes et les contes où figurent la pêche et les pêcheurs sont extrêmement nombreux.

Mais en y regardant de près, on constate qu'ils sont plus rares qu'on ne serait porté à le croire ; beaucoup paraissent oubliés, ou bien l'on ne s'est pas occupé sérieusement de les recueillir.

En Polynésie, on raconte plusieurs légendes de dieux pêcheurs ; ce sont eux

qui ont fait sortir la terre des profondeurs des eaux où elle était cachée. D'après l'une d'elles, qui semble se rattacher aussi à Tinvention de la pêche, également attribuée aux divinités, Maui forma un hameçon avec sa mâchoire, Tamorça avec son sang, et il pécha la terre, son hameçon s'étant accroché à la maison de Hine-nui-teho (1).

Alors que la mer existait seule, le dieu Tiki voguait en pirogue, et, pour se distraire, il péchait à la ligne. Un jour qu'il avait filé plus de corde que d'habitude, il sentit son hameçon engagé ; il fit un effort, et ramena une terre à la surface de Feau.

Cette pêche lui ayant plu, il la renouvela sur différents points et fit successivement émerger les terres connues desindigènes(2).

Suivant une autre légende, Tiki, sentant au bout de sa ligne un objet volumineux et lourd, usa de précaution et souleva ce qu'il croyait être quelque chose de monstrueux ; mais il fut bien surpris d'entendre

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