‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 33 sur 281 · W. Gregor. Scotland, p · texte numérisé non relu

W. Gregor. Scotland, p

2. E Deseille, Glossaire du patois des marins boulonnais, p. 19.

'S. W. Gregor, in Revue des Trad. pop. t. x, p. 500.

56 DE l'adolescence a la mout

Les pêcheuses ont une grande influence sur leurs maris ; ceux-ci leur abandonnent le gouvernement de Tintérieur, et ce sont elles qui tiennent la bourse. A Boulogne, quand elles sont contentes de leurs hommes, elles les conduisent chez les pâtissiers et leur paient des douceurs et des sucreries.

Lorsqu'elles ont à se plaindre d'eux, elles disposent d'une certaine façon leur élégante coiffure, qu'on nomme le « beau soleil. » Le pêcheur sait alors que sa femme sera à son égard une Lysistrata et qu'elle ne répondra pas à ses caresses.

En Angleterre, l'activité des femmes de pêcheurs est proverbiale, et leur maxime favorite est « que la femme qui ne peut travailler pour un homme ne vaut pas grand'chose. » C'est pour cela qu'elles assument la tâche de tirer parti de la marchandise. Les hommes doivent « seulement » prendre le poisson, et leur travail est terminé quand ils ont touché le quai.

La manière de faire les marchés des femmes de Newhaven est bien connue. On suppose qu'elles demandent toujours le double ou

le triple de ce qu'elles recevront (1). Ces remarques peuvent s'appliquer à beaucoup de groupes de pêcheurs des côtes de France.

Les pêcheuses avaient de plus la réputation d'être effrontées en paroles et d'avoir la répartie aussi vive et aussi salée que les harengères.

Les habitants des petits ports de pêche conservaient sans doute, avant l'époque assez récente où. pendant Tété, de nombreux baigneurs sont venus s'établir parmi eux, bien des coutumes originales qu'il eût été intéressant de relever. Ceux de Saint-Jacut de la Mer (Côtes-du-Nord) en avaient plusieurs qui, autrefois, ne leur étaient pas absolument particulières, puisqu'on les retrouve ailleurs; mais, alors que chez leurs voisins elles étaient tombées en désuétude, elles persistaient chez eux. L'une des plus connues était le « charriotage » qui ne s'exerçait plus que sur cette partie de la côte, si Idî en que, dans les récits facétieux où les Jaguens sont mis en scène, on leur

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