‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 34 sur 281 · Bertram. 1. c.,p · texte numérisé non relu

Bertram. 1. c.,p

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attribuait une sorte de prière spéciale, dans laquelle ils demandaient que le chariot ne se fût jamais promené dans leur ville.

Quand un mari était convaincu de s'être laissé battre par sa femme, ses voisins lui attachaient, de force, un panier sur le dos, et le promenaient d'auberge en auberge; son supplice était abrégé s'il était assez avisé pour <* rafraîchir » copieusement les observateurs des anciennes coutumes; cette espèce de charivari s'appelait le charriotage. Parfois, la cérémonie était plus complète et répondait mieux à ce nom. On prenait une charrette sur laquelle on suspendait une culotte au bout d'une perche ; la femme qui avait battu son mari y montait, et les Jaguens disaient : « Par ma fa, mon fu' 'est ielle qui porte les brées! »

L'homme était hissé sur une autre charrette, qu'ornait une perche surmontée d*un cotillon, qui montrait que les rôles avaient été intervertis.

Dans ce même village, il y avait d'autres cérémonies emblématiques qui rentraient dans le même ordre d'idées. Vers 1880, un

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des notables ayant été surpris en conversation criminelle avec une fille surnommée la Taupe, parce qu'elle était très brune, une charrette parcourt le village avec des taupes et des maquereaux attachés aux « ridelles. » Sur de la paille était couché un matelot grimé et costumé de façon à représenter le coupable.

En Ecosse, lorsque les hommes partent pour la première fois à la pêche au hareng, une des femmes a coutume de jeter le balai derrière eux. On fait la même chose quand on porte un filet neuf de la maison au bateau. Un matin qu'un homme, dont le bateau n'avait pas eu de chance, sortait pour aller à la mer, la femme chez laquelle il était logé jeta derrière lui son balai, et, à cette marée, il fit une bonne pêche (1).

Une femme qui a des amis ou des parents à la mer ne doit pas peigner ses cheveux après la nuit tombée ; si elle le fait, elle attire sur eux des malheurs.

1. W. Gregor, in Folh-lore Journal, t. m, p. 308, t. IV, p. 1«, t. m, p. 309.

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A Madagascar, pendant que son mari était à la pêche de la baleine, la femme restait enfermée chez elle, jeûnant, ne parlant à personne, et la porte de sa case restait exactement fermée.

Sur les côtes de Normandie les femmes des pêcheurs dont le retour ne s'effectue pas dans les délais ordinaires, brûlent un balai neuf pour que le vent '< ouétissent(l) ».

A Scarborough, il y a quelques années, les pêcheuses ne laissaient pas sortir les chats noirs de leurs maisons pendant que leurs hommes étaient en mer (2), à cause de la réputation de sorcellerie de ces animaux.

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