‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 5 sur 281 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

blement peuplé de gens venus doutremer à des époques lointaines. Habitués à riniliativej ayant voyagé et vu beaucoup de choses, les pêcheurs avaient Vesprit plus aiguisé que les paysans et plus qu'eux ils avaient des sentiments élevés et charitables. Les deux populations vivaient sans se mélanger, mais il n'y avait pas, en général, d'hostilité entre elles ; pourUmt les paysans accusaient certains pêcheurs d'être parfiAspea respectueux de la propriété, et de prendre, par exemple, en passant, plus de pommes que V usage n^ autorise à en cueillir « pour la soif ».

Les pêcheuses Jouaient dans le ménage un rôle considérable; V homme, unejois débarqué, considérait qu'il avait à peu près accompli sa tâche et qu'il pouvait se reposer. Souvent c'était la femme qui allait, à cette époque oà Vexportation du poisson était limitée, vendre la pêche dans les bourgs ou dans les villes du voisinage ; mais c'était elle aussi qui avait la bourse ; en réalité, elle était à peu près la maîtresse à terre.

Depuis celte époque, sous Vinfluence des baigneurs et aussi en raison de circonstances économiques, les mœurs et les coutumes de ces îlots se sont modifiées; révolution n'apas toujours étéheu-

PREFACE Vil

reuse. Des vices ^ autrefois rares, et en première ligne Valcoolisme^ sont devenus plus communs ; à sa suite la phtisie est venue décimer des villages où elle était autrefois inconnue, et la génération d'aujourd'hui est à la fois moins belle et moins saine que celles qui Vont précédée. Une partie des coutumes que fai décrites sont, au moins pour le littoral de la Manche, déjà des choses du passé. Pourtant il est probable qu'elles se conservent encore dans quelques coins, et que ceux qui vouéraieal, en se servant de ce livre, Jaire des enquêtes autour deux, retrouveraient parfois une partie de celles qui y figurent, et d'autres Jaits curieux qui ont échappé aux rares explorateurs du folk-lore de la pêche .

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