‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 4 sur 281 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

En Italie, à part quelques passages de Castelli et de G. Pitre, il y a peu de chose; il en est de même en Espagne, et en Portugal, ou Von ne peut guère citer qu'un article de M. Braulio Vigon et une courte étude de M. Rocha Peixoto.

Pour la France, si Von excepte le pays boulon" nais où Ernest Deseille recueillit des Jaits assuré-ment carieuxy mais en assez petit nombre et limités au port de Boulogne, on peut dire que la Bretagne seule a été explorée dune manière à peu près suffisante : en 1883 le regretté L, F, Sauvé avait entrepris à ma prière une enquête sur les traditions de la mer, dans laquelle figuraient naturellement les pêcheurs ; depuis M: H. Le Carguet, qui continue ses recherches, s'est occupé de ceux de la baie d'Audierne ; enfin, par mes correspondants ou par moi-même f ai réuni un grand nombre de matériaux sur les coutumes et les superstitions du littoral de la Manche, de Saint^Brieuc à Vembouchure du Couesnon.

En dehors de ces divers points, Von n'a guère pris garde si ce n'est tout à fait incidemment, au Jolk'lore des pêcheurs .

Il est regrettable que l'on ny aie pas songé

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davantage à une époque , qui n'est pas très éloignée de nous, où les pêcheurs formaient des groupes assez compacts, vivant à V écart des paysans du voisinage, et ne recevant que rarement la visite d'étrangers. Sur le littoral de la Manche bretonne ils occupaient des presqu'îles , parfois réunies au continent par un isthme étroit qui faisait donner à cette partie de la commune le nom dile^ et ils étaient à peu près les seuls à Ihabiter. A droite et à gauche les bateaux s'abritaient dans des petits ports naturels ; beaucoup étaient dépourvus de jetées et de cales : on avait probablement, à des époques anciennes, suppléé à celte absence de travaux dart véritables, en entassant des grosses pierres, d'^ manière àjormer une sorte de mur qui s'avançait un peu en mer; c'està ces cales primitives queles canots venaient prendre ou débarquer les hommes; d'étroits sentiers serpentant le long de lajalaise conduisaient au village . A lors que dans la partie de la commune habitée par les paysans, les habitations étaient dispersées, celles des pécheurs étaient presque toujours réunies sur un seul point, et formaient des rues et des ruelles ; lorsque ces villages étaient sur les hauteurs , les maisons

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avaient été disposées de Jaçon à présenter le pi" gnon au côté d'oà le vent soufflait aVec le plus de violence.

D'autres Jois le port occupait le fond d'une baie assez vaste; les maisons s'alignaient le lotig du rivage y et une rae^ parfois unique, conduisait vers le plateau où commençaient lesjermes; c'était là que finissait la colonie.

Si petite que fût Vagglomérationy elle se ie*^ nait à V écart des paysans ; les mariages entre eux et les pécheurs étaient extrêmement rares ; les gens de mer regardaient les laboureurs comme leur étant inférieure à tous les points de vue ; ils n'avaient pas tout à fait tort : les pêcheuses étaient plus Jolies, plus gracieuses, plus propres, et elles se distinguaient facilement des paysannes, quoique portant à peu prés le même costume, par la délicatesse de leurs traits et la finesse de leurs attaches. Les pêcheurs dont l'habillement, même le dimanche, n'était pas le même que celui des paysans, étaient aussi en général plus grands et plus robustes. Dans plusieurs endroitsM était aisé de voir que la race était aussi différente que la profession^ et qu'on se trouvait en présence d'un îlot ethnique, proba»

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