‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 60 sur 281 · LES PÈLERINAGES · texte numérisé non relu

LES PÈLERINAGES

cément du siècle, de curieuses survivances des pèlerinages catholiques d'autrefois.

C'est ainsi que des pêcheurs allaient commander un vœu à Téglise de Saint-Ninian pour le salut des marins et de leurs barques. Bien qu'abandonnée, l'église de Saint-Ringan conservait encore quelques restes des anciens hommages qui lui étaient autrefois rendus. Les pêcheurs de Dunrossness observaient une pratique dont ils avaient eux-mêmes oublié l'origine, et dont le clergé protestant tâchait vainement de les éloigner. Lorsque leurs barques se trouvaient dans un péril extrême, ils avaient coutume de vouer un awmous, c'est-à-dire une offrande à saint Ringan, et, quand le danger était passé, ils ne manquaient jamais de s'acquitter de leur vœu en se rendant seuls et secrètement à la vieille église ; et là, quittant leurs souliers et leurs bas à l'entrée du cimetière, ils faisaient trois fois le tour des ruines en suivant le cours du soleil ; à la fin du troisième tour, celui qui accomplissait un vœu jetait son offrande, consistant ordinaire-

ment en une petite pièce d'argent, à tra- — vers les grillages d'une fenêtre délabréeet puis il se retirait, en se gardant bien d^ regarder derrière lui avant d'être hors des limites du terrain jadis consacré ; car on croyait que le squelette du saint recevait son offrande de sa main décharnée et montrait son horrible tête de mort à la fenêtre par où on la jetait (1).

Si les pêcheurs de la côte de Kent échappaient au naufrage, ils adressaient des remerciements à saint Nicolas , et portaient à sa chapelle quelques-uns de leurs plus beaux poissons (2).

Souvent les Iliens viennent en processioQ sur leurs bateaux, toutes bannières déployées, en chantant des cantiques bretons, à la chapelle de Notre-Dame de Bon- Voyage en Plogoff (3) A la fête patronale de Notre-Dame de Perros, en Ploubazlanec, près de Paimpol, le lundi de Pâques, les

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