‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 86 sur 281 · TuRNBR. Samoa, p. 349. La P. Mathias · texte numérisé non relu

TuRNBR. Samoa, p. 349. La P. Mathias

Les Iles Marquises^ p. 70.

3. H.O. Forées, in Journal of Anthropological Insiitute, 1888, p. 22.

11 est probable que cette pratique n'est pas isolée. Celle qui consiste à figurer d'une façon plus ou moins exacte les animaux marins que Ton désire capturer a été plus souvent observée. Elle a pour but, soit de séduire les poissons, soit de se rendre les divinités favorables ; dans les pays civilisés, il semble que c'est une survivance dont le sens réel est quelque peu perdu.

Avant d'aller à la pêche au Phoque, les Kamtchadales en font dit Sneller, une espèce de représentation mystique. Une grosse pierre qu'ils roulent contre une yourte, représente la mer ; de petits cailloux qu'ils mettent sur cette pierre, signifient les vag-ues ; des petits paquets de matteït, les phoques. On met ces paquets entre des boulettes de tolkoucha, pâte faite d'oeufs de poissons et d'autres mélanges ; avec l'écorce de bouleau, on fait une espèce de vase, en forme de canot ; on le traîne sur le sable,comme s'il nageait sur la mer. Tout cela se fait pour inviter les phoques à se laisser prendre, en leur montrant qu'ils trouveront au Kamtchatka de la nourri-

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lare, une mer^ ce qu'il leur faut. Dans Tyourte, les Kamtchadales ont des hures de phoques auxquels ils font des prières et des reproches^ comme si ces animaux refusaient de venir chez des hôtes qui les régalent si bien. La fin du repas qu'ils leur présentent aboutit à manger euxmêmes tous les mets qu'ils ont offerts.Dans cette même région, au moment de la fête de la Purification, une femme vient à minuit dans Fyourte d'assemblée avec une figure de baleine, faite d'herbe, qu'elle porte sur le dos . Tout ce qui se dit et se fait à cette occasion a pour but d'obtenir du vent et de la mer qu'ils envoient des baleines mortes sur les côtes du Kamtchatka.

Ceux des Kamtchadales, qui font la pêche de la baleine façonnent une baleine de bois d'environ deux pieds de longueur : ils la portent en procession, d'un balangane dans une yourte. Ils placent devant la Joupana un grand vase rempli de tolkoucha, sorte de pâte. Ensuite on tire la baleine de l'yourte en criant . « La baleine s'est en-

foncée dans la mer. » On va la remettre dans un balangane neuf fait exprès, où on laisse une lampe allumée, avec un homme, pour empêcher qu'elle ne s'éteigne pendant la saison de la pêche qui dure du printemps à l'automne (1).

Dans le nord de l'Ecosse lorsque la pêche du hareng- ne réussit pas, les pêcheurs font parfois des cérémonies superstitieuses pour faire lever le hareng. Jr. habillent de flanelle un tonnelier, tout parsemé de glouteron, et le promènent processionnellement à travers le village sur une brouette.

Il y a quelques années on vit passerdans les rues de Fraserburgh la procession suivante . Un homme à cheval, fantastiquement habillé, était à la tête ; un autre homme, à cheval aussi jouait de la cornemuse.

Ils étaient suivis par un troisième homme, à pied, qui portait un grand drapeau, et avait sur la tête un très haut chapeau où des harengs étaient pendus par la queue.

La foule les suivait et les acclamait de tout cœur (2).

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