W. Gregor, Scotland; p
Sur la côte ouest de Lewis, après une pêche fructueuse, ou au commencement de la saison, pour demander du poisson en abondance, un bouc ou un mouton, mais plus généralement un bouc, était acheté en commun parles pêcheurs du même port.
On le conduisait à Tendroit du rivage où ils avaient coutume de débarquer leur poisson . Le plus ancien pêcheur était promu à la dignité de souverain pontife pour diriger ce sacrifice public. Il conduisait la victime à Tendroit désigné pour l'immolation, qui se trouvait assez près de la mer pour qu'une partie du sang y tombât. Le vieux marin, la tête découverte, s'agenouillait sur la victime et lui coupait la tête. Le sang était recueilli avec soin, et lorsqu'il avait cessé de couler,le pêcheur entrait dans Teau, et jetait le sang dans la mer, qu'il considérait comme la maîtresse de ses nombreux habitants. Il tournait alors la carcasse de la victime, et la partageait en autant de parts qu'il y avait de pauvres dans le district ; personne autre qu'eux n'y touchait. Cette cérémonie qui s'appelait Tarn-
nadalk ou Tamradh^ décapitation, était encore en usage au commencement de ce siècle (1).
Avant d*aller à la pêche aux harengs, quelques pécheurs accomplissent une sorte de rite, en buvant à un fardeau blanc (White lug), ce qui veut dire qu'ils souhaitent qu*en examinant un coin, ou le poids de leurs filets, ils puissent le voir couvert de la peau argentée du poisson, ce qui est le signe certain d'une bonne pêche. (2).
î^ IV. — FÊTES ET Coutumes diverses
Les Jaguens faisaient jadis tous les ans une fête à Tarrivée du coucou ; il était pour eux le messager du printemps, l'oiseau de bon augure qui leur portait chance à la pêche et à terre. Dans un conte de marins, les Jaguens, pour exprimer une profonde affliction, disent que le coucou est fâché avec eux, et que depuis quatre ans on ne Ta pas entendu chanter dans l'ile. Les