‹ Le folk-lore du pays basqueChapitre 168 sur 177 · LE PROCUREUR · texte numérisé non relu

LE PROCUREUR

Je requiers — pour le seigneur Roi — que l’on adjuge

— à Lucien ses conclusions.

LE JUGE

Après avoir entendu Lucien — plaider la cause, — et suivant les conclusions des gens du Roi — rendant la justice,

Il est immédiatement approuvé — et ordonné — que Messire le seigneur Pançart — soit arrêté.

Nous ordonnons au Prévôt — qu’il aille lui-même — prendre ce prince — avec tous ces gens,

Et après l’avoir pris, — qu’il soit amené — mort ou vif — en notre présence.

Après cette scène que nous avons reproduite toute entière, arrive seule une certaine Éléonore, femime du laboureur Planta. Elle expose qu'elle

aimait un jeune garçon, mais que ses parents l’ont mariée contre son gré à un vieux laboureur, qui est jaloux, bête « comme un âne », à peu près impuissant, et qui mérite absolument de porter des cornes; aussi se fait-elle faire la cour par Pançart qui est un homme de qualité et un vert galant. Et elle conclut :

Jeunes fillettes, à votre tour, — je vous en avertis, — ne vous mariez pas contre votre idée, — quoi que disent vos parents ;

Considérez — mon exemple ; — comme à moi il vous — arriverait sûrement :

L'âme et le corps — vous perdriez sûrement, — en maudissant vos parents, — vous iriez ensuite en enfer.

Mais nous voici chez le Prévôt. IL explique au public la haute importance de ses fonctions supérieures à celles de tous les Baillis, et qui le placent à la tête de toute la maréchaussée, quand le greffier vient lui signifier le jugement qui lui enjoint d’arrêter Pançart. Le Prévôt se formalise de ce qu’on ait empiété sur ses droits, en ne lui laissant pas l'initiative de la poursuite; mais il pardonne pour cette fois et invite les gendarmes Madian et Flavien à venir avec lui procéder à la capture du prince du Carnaval. Il ne leur dissimule pas les difficultés de l’entreprise; mais Madian qui s’est battu contre les Anglais et les Maures, dans le Maroc, en Algérie et à Londres,

n’a aucune inquiétude, et Flavien, quoique son chef le traite de poltron, assure que Pançart est plus facile à attraper qu’un autre parce qu’il est gros et gras. Les trois guerriers montent à cheval et s’éloignent.

L’entr’acte est occupé par Satan et Astarot qui commentent les événements; il paraît qu’on veut tuer Pançart et mettre à sa place « monsieur Carême ».

Arrivent Éléonore et Planta, son mari.

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