‹ Le folk-lore du pays basqueChapitre 38 sur 177 · X. — Basa-Jaun aveuglé · texte numérisé non relu

X. — Basa-Jaun aveuglé

JEUX soldats du même quartier, ayant & obtenu leur congé, s’en revenaient ensemble à pied à la maison. En traversant une grande forêt, la nuit les surprit. Mais comme au crépuscule ils avaient aperçu une fumée dans une certaine direction, ils se dirigèrent de ce côtélà et trouvèrent une mauvaise cabane. Ils frappent à la porte; on demande de dedans: « Qui est là? — Deux amis. — Que voulez-vous? — Un logement pour cette nuit ». La porte s’ouvre; on les laisse entrer, et la porte se referme.

Les soldats, quel que fût, leur courage, furent effrayés de se trouver en présence, d’un Basa- Jaun: tout le portrait. d’un homme, , mais tout couvert de poils et avec un seul œil au milieu du front. PAT ia Te

, Le Basa-Jaun leur fonne à manger. Après. leur souper, il.les pesa et dit au plus lourd:.« Toi pour ce:;soir, l’autre pour demain »; et tout aussitôt il perce le plus gras .de parten part d’une grande broche, sans même lui ôter ses vêtements; il attache les membres à la broche, le fait rôtir à un grand feu et le mange. L'autre demeure tout effrayé, ne sachant que penser pour conserver sa vie.

Le Basa-Jaun, bien repu,.s’endormit. Aussitôt, le soldat prit la broche qui avait servi à faire rôtir son camarade; la fit rougir dans le feu, lenfonça -dans l’œil du Basa-Jaun et l’aveugla...Le Basa-Jaun, hurlant, courut partout pour trouver l’étranger;. mais le soldat s'était tout de suite, caché dans. l’étable, au milieu du troupeau de. moutons du. Basa-Jaun, ne pouvant sortir parce que la porte était fermée. SH

..Le lendemain matin, le Balle ouvrit : la porte de l’étable et, voulant s’emparer, du. soldat, fit. passer les, moutons ‘qui sortaient entre ses jambes un‘à un; maïs il était venu à l’esorit du soldat qu’il devait écorcher un mouton et se

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revêtir de sa peau, afin que l’aveugle ne l’attrapât point. Comme le Basa-Jaun touchait tous les moutons, la peau de l’un d’eux lui resta dans les mains, et il :pensa que l’homme avait PAS par dessous. Km

Le soldat s’échappait bien content; mais le Basa-jaun, qui lui courait après comme il pouvait; lui: cria: «Tiens, prends cet anheau, afin que quand tu seras chez toi tu puisses raconter quelle merveille tuas faite! » Et'il lui jeta l'anneau. Le soldat le famassa ‘et le mit à son doigt; mais l'anneau se-mit à parler et à dire: « Je suis ici! je suis ici! » Mais le soldat courait,' laveugle courait; c'était comme ‘une seule et mêmeée pièce. ‘Le soldat, épuisé, craignant que ‘le Basa-Jaun ne VPattrapât, pensa, en’ arrivant auprès. d’une rivière, à y jeter l'anneau, mais il ne put le sortir de son doigt. Il coupa le doigt et le jeta avec l’anneau. dans la rivière.

L’anneau, du fond de l’eau, continuait à crier :

« Je suis icil:je suis icil » Le ‘Basa-Jaun, ce cet appel, entra dans l’eau et sy noya. Je db

Le’soldat passa alors la rivière sur un RE et s "échappa bien content à sa maison.

(Jean Sallaber, d'Auseuraeg. — - CErQuAnr, S2 )

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