VII. — Petit-Poucet
fL y avait une fois, dit-on, un petit, petit
A\LTT
% garçon, il avait nom Petit-Poucet (ou CRI Gousse-d’Ail). Un jour, sa mère l’envoya garder la vache. Il vint à pleuvoir et Petit-Poucet se cacha sous un pied de chou. Comme ïl ne paraissait pas, sa mère vint le chercher. Ne le trouvant nulle part, elle se mit à crier : « Petit- Poucet! Petit-Poucet! où es-tu? — Ici, ici! —
Où? — Dans la tripe de la vache. — Quand en sortiras-tu ? — Quand la vache fera caca ». La vache l’avait avalé, le prenant pour une feuille de chou.
(Me M. L. — Saint-Pée, 3 décembre 1875.)
VIT, — Mundu-milla-pes
4 OMME bien souvent dans le monde, il y S avait un monsieur et une dame. Ils étaient très-riches, mais ils étaient trèssine de ne pas avoir d’enfant. Ils étaient toujours à prier Dieu qu’il leur donnât un enfant. Ils obtinrent enfin cette grâce; mais leur enfant était si petit qu’à sa naissance sa tête n’était pas aussi grosse qu’une noix. Tous les gens de la maison s’en occupaient. Il vécut ainsi jusqu’à l’âge de sept ans.
Un jour, le garçon s’en allait aux champs avec les bœufs. Mundu-milla-pes (c'était le nom de l'enfant) dit qu’il voulait aller, lui aussi, avec le garçon pour garder les bœufs. Ils le laissent aller, et le garçon le surveille bien. Comme il commençait à tomber quelques gouttes d’eau, il le place au milieu des choux, sous une feuille, et court à la maison pour chercher un parapluie, Il revient tout de suite, mais ne trouve plus Mundu-
milla-pes. Il se met à crier. Les serviteurs arrivent de la maison et se mettent à chercher de tous les côtés, sans pouvoir trouver nulle part Mundu-milla-pes.
Comme les bœufs s'étaient approchés des choux, ils pensent que l’un d’eux aura peut-être avalé l’enfant avec une feuille de chou. Sa tête était grosse alors comme une pomme mandragore. Le père et la mère furent en grande peine et dirent aux garçons de tuer les bœufs. Ils les tuent, et on envoie les filles à la fontaine pour laver les tripes. En commençant, elles voient que Mundu-milla-pes est là et elles vont tout de suite à la maison dire que l’enfant est retrouvé. Mais quand elles revinrent, elles trouvèrent toutes les tripes mangées par un chien voleur. Les pauvres parents ne purent jamais se consoler de la perte
de leur enfant.
(Saint-Jean-de-Luz, 1876.)