‹ Le folk-lore du pays basqueChapitre 50 sur 177 · IX. — Le Vrai et le Faux · texte numérisé non relu

IX. — Le Vrai et le Faux

SL y avait une fois une femme qui avait été mariée, qui était devenue veuve et qui s'était remariée.

Un jour qu'elle avait son mari au travail, il lui arriva un homme. Elle lui demanda d’où il venait. Il lui répondit : « De l’autre monde. —

Ah! ah! ah! savez-vous des nouvelles de Pierre? » Il lui répond que Pierre va très-bien, mais qu'il est très-misérable par rapport à la chaussure et aux vêtements, et qu’il ne peut pas même acheter du tabac pour fumer une pipe.

Cette femme, tout de suite : « Voulez-vous lui porter quelques sous et quelques vêtements ?

— Oui ». Et finalement elle lui en donne.

L'homme s’en va très-content, le paquet à la main et des sous à la poche.

Quand son mari revint, elle lui dit : « Jean, vous ne savez pas? Il y a des nouvelles de Pierre; j'en ai de récentes. — Qui s’est moqué de F5 femme? Que lui as-tu donné? — Un paquet à la main. — Je viens précisément de le rencontrer! » Il prend son cheval à l'écurie et part à bride abattue.

L'homme qui s'était assis avec son paquet près de lui, entend le bruit du cheval et jette son paquet dans le fourré. Le cavalier arrive et lui demande : « Avez-vous vu passer ici un homme,

un paquet à la main? — Oui; il est entré sous ce bois! — Voulez-vous me garder ce cheval un moment? — Volontiers ». Et

notre homme, laissant son cheval, pénètre dans le bois à la recherche du voleur. L'autre scélérat prend son paquet, monte sur le cheval, le ris et s'échappe.

Après une longue recherche, l’homme revint; mais il ne retrouva ni cheval ni paquet. Furieux, il revint chez lui et dit à sa femme : « Ahl l'homme qui a emporté votre paquet et votre argent, je lui ai donné le cheval pour qu’il arrive au ciel le plus tôt possible! »

(Saint-Jean-de-Luz, 1874.)

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