X. — Le mal d'amour
Kan - to -re ber-tsu bi-a Na - hi tut kan - ta-
pe - tik bai -tza-yo fal-ta - tu.
Kantore bertsu bia nahi tut kantatu, Suyet aski tristea baïtzaku gerthalu :
Urtzo kolomaño bat tristeki baratu, Luma bat hegalpetik bailzayo faltatu.
Je veux chanter deux couplets d’une chanson, — parcè qu’il nous est arrivé une assez triste aventure : — une petite colombe s’est tristement arrêtée, — parce qu'il lui a manqué une plume de dessous Paile.
Oh! blanche colombe, à l’œil chatoyant, — c’est vous qui avez trop donné l’entrée : — si vous étiez demeurée seule dans votre cage, — il n’y aurait pas maintenant ce sujet (de conversation).
Il n’y a pas eu, non, de ramier dans ma cage, — je suis demeuré seulement avec une jeune poulette: — celle-là ne dira point de mal sur moi, — car elle m’aimait trop de tout son cœur.
Je pars maintenant marin sur la mer, — priez Dieu qu’il ne m'arrive point mal, — (le reste manque).
Il ne vous convient point d’aller sur la mer, — de risquer là votre belle vie; — si par hasard il vous arrivait de mourir tristement, — mon cœur ne se consolerait jamais.
Même si je mourais, n’attristez pas votre cœur, — et ne revêtissez pas, oh! non, votre corps de noir; — mais dites pour moi le Pafer et l’ Ave Maria, — et recommandez-moi au Dieu du ciel.
Les rameaux du buis sont verts en toute saison, — mon bien-aimé; je ne saurais demeurer sans vous voir, — même avant de savoir la
nouvelle de ce voyage, — le chagrin m'a fait oublier mes espérances.
La lune pendant la nuit et pendant le jour le soleil, — le temps a pour lors peu de malice; — les jeunes filles doivent toujours se garder, — de peur de mourir malheureusement d'amour.
(Sare, 2 décembre 1870; Ainhoa, 17 janvier 1873; pap. Dihinx.)